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( 1922 - 2009 )




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( 1931 - 1998 )




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Vitus Béring
1681 - 1741


par Christine LABAT-KERMORGANT


Buste de Viyus Béring
Recontitution du buste de Vitus Béring
par V.N.Zviagin. Moscou 1995

Vitus Jonassen Béring ou Behring est né le 12 Aout 1681 à Hortens dans le Jutland – Danemark.
Fils de Jonas Svendsen et de sa seconde épouse Anna Béring, Vitus J. Béring portera le nom de famille de sa mère car celui-ci est plus prestigieux que celui de son père.
La famille Béring a donné au Danemark de nombreux juristes brillants et des ministres.
A la cour de Frédéric III, son oncle Vitus Béring : historien et poète, écrit pour louer son souverain.

Vitus, le neveu, contrairement à ses deux frères qui sont plutôt des voyous et des marginaux, réussit dans ses études. Attiré très jeune par les voyages, il traîne sur les quais du port.

A l'époque, les Danois commercent avec Ceylan et installent des colonies aux Caraïbes et au Sud de l'Inde.
Vitus Béring s'engage à 15 ans sur les vaisseaux qui naviguent vers ces lieux: Transkenar, Sumatra, Indes orientales. Les conditions de vie à bord sont très difficiles.

Au retour d'un voyage en Inde, en 1703, il s'engage dans la Marine du tsar de Russie Pierre 1er à Amsterdam, alors plaque tournante du commerce mondial par voie maritime. Il rencontre un envoyé du tsar, Nels Olen, d'origine norvégienne, maître d'équipage de la nouvelle marine russe .
Vitus Béring sert dans la Flotte de la Baltique durant la guerre du Nord.

A son accession au trône, le tsar Pierre 1er avait créé des instituts scientifiques et une marine.
A l'époque, le Danemark et la Norvège formaient une seule nation. Béring rejoint les officiers danois, hollandais, allemands que Pierre-le-Grand a déjà engagés pour commander les navires qu'il a fait construire.

De 1710 à 1712, il sert dans la Flotte de la Mer d'Azov et prend part à la guerre russo-turque de 1710 à 1711. Il se marie à une Russe en 1715 et revient faire une visite dans sa ville natale qu'il ne reverra plus.
Il participe aux différentes batailles navales qui apportent la suprématie militaire au tsar sur la mer Noire et la Baltique.
Il est connu par les marins russes sous le nom de Ivan Ivanovitch Béring.

Après ses succès, il lance un ultimatum à l'Amirauté: "Vous me nommez capitaine de 1ère classe ou je démissionne". Ses supérieurs ne donnent pas suite, il va donc vivre dans la région de Viborg, terre scandinave récemment attachée à la grande Russie. Mais Pierre-le-Grand ordonne d'élever ce marin étranger au grade supérieur. Réintégré, il se voit confier par le tsar la charge d'explorer les limites orientales de son empire.

En 1725, Pierre 1er lance le grand projet d'exploration de l'est de son empire avec des directives claires: "Vous devez vous établir où commence la côte américaine et atteindre une des colonies européennes".

A cette époque la Californie est espagnole, la terre de Rupert (Canada) est convoitée par les Anglais et les Français. Le tsar désire établir les droits de la Russie sur ce continent.
Sa première expédition durera 5 ans.

Béring va aller par voie terrestre à Okhotsk, traverser la mer d'Okhost vers le Kamtchatka et construire un navire, le  Sviatoï Gavriil ( Saint Gabriel ).

En 1728, à bord de ce bateau, Béring navigue vers le nord jusqu'à ce qu'il ne voie plus de terre dans cette direction ( pointillés roses sur la carte ci-dessous ) c'est-à-dire qu'il emprunte le détroit qui porte désormais son nom: le détroit de Béring, prouvant ainsi que les continents eurasien et américain étaient séparés par l'océan. Il va jusqu'à 67°18' de latitude nord sans apercevoir les montagnes de la Grande Terre, l'Alaska, cachées par la brume.
Dans leurs notes, Béring et ses officiers parlent des Tchoutches, habitants les côtes de l'actuelle Tchoutchka et de la péninsule d'Anadyr. Ils décrivent le Kamtchatka et ses volcans.

Les expéditions de Vitus Béring

D'après "Histoire Universelle des Explorations", t III, Nouvelle Librairie de France 1968
1ère expédition Béring en pointillés roses
2ème expédition: navire de Béring : tracé rouge, navire de Tchirikov : tracé bleu.

En 1730 Béring rentre à Saint-Pétersbourg. Durant le long voyage en Sibérie qui l'amène à traverser tout le continent asiatique, cinq de ses enfants meurent pendant le voyage et lui-même tombe malade.

La seconde expédition 1733-1745 :

A cette époque, la tsarine Anna Ivanovna, nièce de Pierre 1er, dirige l'empire. Béring propose deux expéditions. La deuxième, celle qu'il préfère, est retenue. Elle consiste à cartographier les côtes de l'Alaska, le nord du Japon, les îles Kouriles et la côte arctique de la Sibérie entre l'embouchure de l'Ob et celle de la Neva.
Froid, tempêtes, mauvais matériels et mauvaises relations avec les habitants vont avoir raison de
l'acharnement de ses hommes. Seuls restent sur les cartes des noms comme le cap Chelyuskin, le point le plus nordique de l'Eurasie, la mer de Laptev, la baie Marie Prontchichtchev.
En 1733, Béring s'élance vers l'est. La traversée de la Sibérie va durer quatre ans. Des scientifiques de l'Institut des Sciences ont été admis dans l'expédition. Ils ont avec eux des lunettes astronomiques, une bibliothèque de référence et sont accompagnés d'assistants et de dessinateurs.
Le moyen le plus rapide pour voyager d'est en ouest était d'utiliser alternativement la navigation sur les grands fleuves et la progression terrestre.
Les gouverneurs de provinces et les responsables de villages ne collaborent pas au projet.
L'explorateur se brouille avec l'Amirauté et le Parlement de Saint-Pétersbourg: on lui reproche la lenteur de la progression et la défense des autochtones.
Béring et son équipe arrivent enfin sur les rives d'Okhotsk mais certains scientifiques abandonnent l'expédition.

Au Kamtchatka, un jeune naturaliste se joint à l'équipage: G.W. Steller, d'origine allemande. Il sera le premier scientifique à décrire certaines espèces animales et végétales d'Alaska et des Aléoutiennes.

En 1740 Béring établit le peuplement de Petropavlovsk au Kamtchatka.

Des artisans locaux, Makan Rogatchev et André Kozmine, construisent deux vaisseaux: le Sviatoï Piotr et le Sviatoï Pavel (Saint Pierre et Saint Paul) à bord desquels il appareille. Le Saint Paul est commandé par le capitaine Tchirikov ( tracé bleu sur la carte ) et le Saint Pierre par Béring ( tracé rouge ).

Le navire de Vitus Béring
Le Saint-Pierre

Les deux navires quittent le Kamtchatka début juin, ils se dirigent vers les terres appelées Gamaland et Compagniland mais ils ne les retrouvent pas et lors d'une tempête leurs bateaux sont séparés.

Béring aperçoit la côte sud de l'Alaska et un débarquement est effectué sur l'ile Kayak ou dans le voisinage.

Le 16 Juillet 1741, le jour de la Saint Elias, le Saint Pierre entre dans une baie abritée où un pic enneigé de plus de 6000 m (qui sera baptisé Mont St-Elie) domine de nombreuses forêts.
Steller, le naturaliste, récolte des plantes, décrit les paysages et découvre un campement d'autochtones: "dix heures d'exploration pour dix ans de préparation et de voyages", dira-t-il plein de désespoir. Au retour, la navigation est difficile. On découvre certaines des îles Aléoutiennes et une rencontre avec des Aléoutes permettra à Steller de décrire les embarcations, les vêtements et le comportement de ces inconnus. Il décrit même un énorme veau marin d'une dizaine de mètres aujourd'hui disparu.
Un des marins, Nikita Choumaguing meurt et est enterré sur une des îles. L'archipel correspondant est baptisé en son honneur: îles Shumagine d'une superficie de 1192 km2.
Sous le commandement d'Alexei Tchirikov, le second bateau découvre les côtes nord-ouest de l'Amérique du Nord, l'archipel Alexandre et les îles Aléoutiennes.

Ces voyages de Béring et de Tchirikov occupèrent une place centrale dans les efforts russes d'exploration du Pacifique nord.

L'explorateur tombe malade et n'est plus en mesure de commander son navire. On se réfugie sur une île inhabitée. Les marins pensent être arrivés au Kamtchatka mais ils viennent de s'arrêter sur l'île du Commandeur au sud-ouest de la mer de Béring et qui deviendra l'île Béring.
Le navigateur est à bout de forces, l'équipage est malade, seul Steller qui se nourrit de plantes récoltées en Alaska reste en bonne santé.
Béring et vingt-huit de ses marins sont débarqués et installés dans des huttes creusées dans le sable.

Le 8 décembre 1741 Ivan Ivanovitch Béring meurt d'épuisement à-demi enseveli sous le sable qu'il avait voulu conserver sur lui pour se réchauffer.

Les survivants pourront rejoindre le Kamtchatka durant l'été 1742, après avoir passé un hiver à se nourrir d'otaries, de loutres, renards polaires et de lagopèdes.
Une tempête provoque le naufrage du Saint Pierre, mais le seul charpentier survivant, Starodoubtsen, parvient avec l'aide de l'équipage à construire un petit vaisseau à partir de ce qui a pu être récupéré au moment du naufrage. Le nouveau bateau mesure seulement 12,20 m . Il porte le même nom : Sviatoï Piotr.

Des 77 hommes de ce navire, seuls 46 parviennent à survivre aux difficultés de l'expédition. La dernière victime meurt la veille de l'arrivée à Petropavlovsk. Steller est mort sur le chemin du retour, en 1746. Il avait 37 ans.
Le Sviatoï Piotr restera en service pendant 12 ans, naviguant entre le Kamtchatka et Okhotsk jusqu'en 1755.

Au retour des marins à la capitale de l'empire, les informations recueillies donnent l'impulsion pour l'établissement des Russes en Alaska.

En août 1991 à l'occasion du 250ème anniversaire de l'expédition de Béring, les dépouilles de l'explorateur et de cinq de ses marins sont exhumées par une expédition russo-danoise. Les corps sont transportés à Moscou où des médecins parviennent à reconstituer leur apparence. Les dents ne portent pas de signe apparent de scorbut ce qui conduit à la conclusion qu'ils ne moururent pas du scorbut mais d'une autre maladie.

D'autre part un médecin russe spécialisé dans la reconstruction des visages à partir des crânes a réussi une reconstitution qui correspond bien à la descendance de l'explorateur. Apparaît alors sous les doigts de l'expert un visage massif et volontaire sans ressemblance avec le portrait joufflu et docile qui lui avait été longtemps attribué et qui était en fait celui de son oncle Vitus Béring, poète à la cour.

En 1992 les corps de Béring et des autres marins ont été inhumés de nouveau sur l'ile Béring.

La valeur des expéditions que mena Béring fut sous-évaluée pendant longtemps mais James Cook prouva l'exactitude de ses observations et de son travail géographique.
De nos jours le détroit de Béring, l'île Béring, la mer de Béring et le pont de glace du détroit de Béring portent son nom.

Christine LABAT-KERMORGANT



Crédits: Transpol'air, Voile Magazine, Wikipedia.

EN SAVOIR PLUS

 




Vitus Béring
Ed. de Visscher. Bruxelles.1947.




Histoire de la Russie d'Amérique
Ed.Perrin & Cie 1978


Les explorateurs de l'Amérique du Nord
Ed. Klincksieck 1993

Béring
Ed. Glénat 1996




Récit d'un voyage à pied à travers la Russie
Ed. Gingo 1993










L'exploration de la Sibérie
Ed.Actes Sud 1996










Vitus Béring
 Ed. Nabu Press 2010 ( en anglais )
Von Kamtschatka nach Amerika mit Vitus Béring
Steller ( en allemand ) 2009

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