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Emile de BRAY

explorateur polaire ©
( 1829-1879 )

par Georges TANNEAU

Portrait d'Emile de Bray
 Emile de Bray en 1855. Photo des ateliers Nadar. Coll.part..

 

      De nos jours, peu de Bretons seraient à même de vous raconter la vie et les exploits d’un des plus célèbres marins de chez-eux. Je veux parler de l’officier de marine Emile de Bray, ancien explorateur polaire (d’avril 1852 à octobre 1854), second sur la canonnière la « Foudre » en 1855 durant la guerre de Crimée, marié à Pont-l’Abbé le 19 mai 1856 à Laetitia, fille de Hyacinthe Marie-Allain Le Bleis, négociant et propriétaire des grands moulins à marée situés sur le pont.
    De 1857 à 1860, ce marin exceptionnel, commanda la goélette garde-pêche de Saint-Pierre et Miquelon, puis un navire stationnaire sur les côtes d’Islande. Ces deux affectations l’amenèrent à avoir de nombreux contacts avec les morutiers bretons qui fréquentaient les « Grands Bancs ». Jules Verne qui était devenu son ami, s’inspira d’une partie de sa vie et surtout du récit de son expédition polaire pour écrire en 1866 un livre qu’il intitula: « Voyages et aventures du capitaine Hatteras ».
Il revint en France durant la guerre de 1870 et promu capitaine de frégate, participa à la défense de Paris contre les Prussiens, à la tête d‘une troupe de fusiliers marins. Il mourut  le 19 mars 1879 à l’âge de 50 ans et fut, selon ses dernières volontés, enterré à Pont-l’Abbé dans le caveau de la famille Le Bleis.
   Voici quelques courts extraits de la vie mouvementée de ce marin, qui devint chevalier puis officier de la légion d’honneur et reçut au nom de la reine Victoria les décorations anglaises de la « Baltic » et des « Expéditions arctiques ».


   En 1845, l' « Erebus » et le « Terror », deux voiliers munis de moteurs auxiliaires fonctionnant à la vapeur, furent équipés par l’amirauté britannique pour participer, avec cent trente-quatre hommes d’équipage, sous le commandement de Sir John Franklin, à une exploration approfondie de l’archipel arctique canadien et pour tenter de reconnaître, par la même occasion, le passage tant convoité du Nord-Ouest qui devait permettre aux navires de l’époque de raccourcir certains trajets maritimes en reliant l’Atlantique au Pacifique.
    L’affaire n’était pas des plus aisées car, du début de septembre à la mi-juin, les glaces de la banquise se reformaient, enserraient les navires et les immobilisaient jusqu’au nouveau dégel. Toutes les expéditions précédentes (une dizaine environ) avaient échoué. Celle de Sir John Franklin n’eût pas plus de succès.

   De 1848 à 1851 plusieurs tentatives se succédèrent pour essayer de retrouver les traces des deux navires qui avaient appareillé le 19 mai 1848 et dont on était sans nouvelle depuis le 26 juillet de la même année.
L’énigme de cette disparition suscita au niveau international un grand courant d’intérêt et de compassion. En France, deux officiers de marine, Joseph-René Bellot âgé de 27 ans et Emile de Bray âgé de 22 ans, effectuèrent conjointement des démarches en 1851 pour proposer leurs services à la Marine. Celle-ci les orienta vers la Royal Navy britannique.

   A l'initiative de la fille de Franklin, une nouvelle campagne de recherches fut décidée par les Anglais en 1852 avec une flottille de cinq bâtiments. On arma alors deux frégates classiques: L’« Assistance » et le « Resolute » et trois frégates mixtes équipées de machines à vapeur, le « Pioneer », l’« Intrepid et le « North Star ». Cette petite escadre, commandée par Sir Edward Belcher, avait pour objectif de ratisser plus au nord tous les chenaux et autres espaces encore non visités par les précédentes recherches demeurées infructueuses.
  L’embarquement des nouveaux équipages eut lieu à Londres le 16 avril 1852. Emile de Bray, récemment promu enseigne de vaisseau, fut affecté sur le « Resolute ». Bellot embarqua sur
l'« Assistance ». La frégate de De Bray était commandée par le capitaine Henri Kellet. Son état-major était composé de 15 officiers, son équipage comprenait au total 61 marins.
   Le 20 mai ce fut, pour notre jeune officier, sa première rencontre avec les glaces flottantes du Grand Nord et, quelques jours plus tard, la découverte du Groenland et des premiers esquimaux dans leurs igloos. Le capitaine Kellet, ayant remarqué à cette occasion les talents de dessinateur de l’officier français, lui confia la responsabilité de croquer avec force détails tous les événements marquants qui  pourraient jalonner leur expédition.

  Les excursions se succédèrent et le journal de bord d’Emile de Bray se remplit, à chaque étape, de multiples descriptions et anecdotes, enrichies de nombreux croquis.

   Durant le premier hivernage de l’automne de 1852 au printemps de 1853, notre héros énuméra ainsi consciencieusement toutes les différentes randonnées organisées avec des traîneaux pour aller en exploration ou chasser les caribous, les bœufs musqués et les ours polaires, dont la viande était cuisinée et les peaux transformées en couvertures ou manteaux. Aux mois d’avril et de mai 1853, il fut chargé de commander une mission de reconnaissance sur l’île Melville au nord du détroit de Banks qui s’ouvre dans sa partie ouest sur la mer de Beaufort. Ce périple de 370 miles, aller et retour (environ  600 km ) dura 45 jours. Sur la carte de cet endroit exploré pour la première fois, un cap porte désormais le nom de « Cap de Bray ».

   Quelques mois après son retour sur  le « Resolute » on lui annonça la mort de son ami Joseph-René Bellot.  Celui-ci, avait disparu à l’occasion d’une mission en août 1853. Une tempête de neige l’avait isolé sur une plaque de glace dérivante et on ne le revit plus.

   Durant le deuxième hivernage, de 1853 à 1854, il y eut, pour cause de froid ou d’épuisement, de nombreux décès à bord des différents navires de l’expédition et les marins furent contraints d’abandonner le « Resolute » et l’« Intrepid » le 5 mai 1854. Les survivants purent rejoindre le Cap Cockburn après quatre jours de marche forcée pour embarquer sur le « North Star » demeuré à l‘écart dans une baie aux glaces moins épaisses. Le 27 août, les équipages de l’« Assistance » et du « Pionner », ayant abandonné à leur tour leurs navires, arrivèrent eux aussi sur le « North Star ».
La mer se libéra enfin de son manteau de glace. Le vapeur « Phœnix » arriva bientôt sur les lieux et embarqua une partie des hommes, dont Emile de Bray.

  Celui-ci débarqua à Londres le 2 octobre 1854 après une absence de deux ans, cinq mois et dix jours, et regagna aussitôt la France où il fut reçu en audience privée par Napoléon III et par le ministre de la Marine, Théodore Ducos. Ce dernier, après avoir reçu le rapport du jeune marin de 25 ans, le nomma chevalier de la légion d’honneur avec la promotion de lieutenant de vaisseau.


Emile de Bray à la Recherche de l'Erebus et du Terror
Illustration d'André Lambert extraite de Michel Perchoc et André Lambert : "Marins français explorateurs" . Ed. du Gerfaut 2007.


  Emile de Bray participa ensuite comme second sur la canonnière française « La Poudre » à quelques épisodes de la guerre de Crimée. Ce qui lui valut une décoration anglaise : la " Baltic Medal ". L’année de ses 27 ans, il se maria à Pont-l’Abbé avec Laetitia Le Bleis , le 19 mai 1856. En 1857, il reçoit d’Angleterre la nouvelle de l’attribution, au nom de la reine Victoria, de la décoration des expéditions arctiques.. Il part ensuite à Saint-Pierre et Miquelon où il commande pendant trois ans une goélette garde-pêche. Puis il passe sur un navire stationnaire des côtes d’Islande.

  Lors de la guerre de 1870 on le trouve promu capitaine de frégate, à la tête d’une troupe de fusiliers marins partie de Brest pour défendre les forts de la ceinture de Paris. Il commande ensuite la première brigade de la garde mobile de la Seine. A l’issue de cet épisode militaire il reçoit une nouvelle distinction, celle d’officier de la légion d’honneur.

  Des troubles physiques (séquelles des conditions difficiles endurées dans le Grand Nord par des froids extrêmes de – 54°), vont cependant handicaper Emile de Bray le restant de sa vie et brider sa carrière. Devenu veuf en octobre 1878, il demanda sa mise à la retraite anticipée et décéda six mois plus tard à l’âge de 50 ans. Il est enterré près son épouse, dans le caveau familial de sa belle-famille, à Pont-l’Abbé.

  Son ami Jules Verne, s’est inspiré de sa vie et de ses expéditions polaires pour écrire en 1866 le livre intitulé : « Voyages et aventures du capitaine Hatteras ». Les autres références le concernant se trouvent surtout dans la presse anglo-saxonne. Reste aussi un toponyme à son nom : le cap de Bray, dans l’île du Prince Patrick, située dans le grand nord canadien. Son ami Bellot hérita aussi d’un nom sur la carte. Le journal de bord écrit par Emile de Bray et racontant jour après jour son dangereux périple dans les régions hostiles de l’océan Glacial arctique, a été publié en 1998, par les Editions de la Dyle (en Belgique), spécialisées dans les textes relatifs aux régions polaires; avec quelques commentaires et une préface de Théodore Monod.  

Cette notice a été rédigée d’après le journal de bord d’Emile de Bray « De Bray – Pôle Nord », édité en 1998 par les Editions de la Dyle et un texte de Jakez CORNOU, paru dans la revue « Cap Caval » N°25, de juillet 2000. (voir ci-dessous ).

EN SAVOIR PLUS


Revue Cap Caval n°25
Revue "Cap Caval" n°25, Juillet 2000.
(BP 62042- 29120 Pont-l'Abbé)
Aquarelle d'Emile de Bray
Journal de bord d'Emile de Bray
Ed. de la Dyle. 1998.
La Dyle,-Pontstraat 80 - 9831 Sint-Martens-Latem (Deurle) Belgique.

Marins Français Explorateurs
Ed. du Gerfaut. 2007.

Les aventures du capitaine Hatteras
Ed. Hetzel 1866
Voyages et aventures du capitaine Hatteras
Ed. Actes Sud 2005



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