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GRANDS  MARINS
DU
MONDE

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Les noms en grisé
ne sont pas encore disponibles.

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Les Phéniciens de Néchao II
( vers  -600 )




Le périple d'Hannon
( vers  -460 )



Néarque
 vers  -360  à  vers  -300 



Pythéas
( vers  -300 )



Zheng He
( 1371 - 1435 )



 Barthélémy Diaz
( 1450 - 1500 )



 Christophe Colomb
( 1451 - 1506 )



Afonso de Albuquerque
( 1453 - 1515 )



Amerigo Vespucci
( 1454 - 1512 )



Vasco de Gama
( 1469 - 1524 )



Gonneville
( vers 1470 - ? )



Primauguet
( vers 1475 - 1512 )



Fernand de Magellan
( 1480 - 1521 )



Jacques Cartier
( 1491 - 1557 )



Jean Parmentier
( 1494 - 1529 )



Francis Drake
( 1545 - 1596 )



Willem Barents
( 1550 - 1597 )



Abraham Duquesne
( 1610 - 1688 )



Tourville
( 1642 - 1701 )



Jean Bart
( 1650 - 1702 )



René Duguay-Trouin
( 1673 - 1736 )



Jacques Cassard
( 1679 - 1740 )



Vitus Béring
( 1681 - 1741 )



James Cook
( 1728 - 1779 )



Marion-Dufresne
( 1729 - 1772 )



Suffren
( 1729 - 1788 )



Bougainville
( 1729 - 1811 )



Charles Cornic
( 1731 - 1809 )



Antoine d'Entrecasteaux
( 1737 - 1793 )



Jean-François de La Pérouse
( 1741 - 1788 )



Horatio Nelson
( 1758 - 1805 )



Pierre Roch Jurien de la Gravière
( 1772 - 1849 )



Robert Surcouf
( 1773 - 1827 )



John Franklin
( 1786 - 1847 )



Dumont d'Urville
( 1790 - 1842 )



Emile de Bray
( 1829 - 1879 )



Joshua Slocum
( 1844 - 1909 )



Emile Guépratte
( 1856 - 1939 )



Jean-Baptiste Charcot
( 1867 - 1936 )



Alain Gerbault
( 1893 - 1941 )



Marcel Bardiaux
( 1910 - 2000 )



Thor Heyerdahl
( 1914 - 2002 )



Jacques - Yves Le Toumelin
( 1920 - 2009 )



Annie Van de Wiele
( 1922 - 2009 )





Eric Tabarly
( 1931 - 1998 )




James COOK
( 1728 - 1779 )


par Christine LABAT-KERMORGANT


  Portrait de James Cook  
Fragment d'un portrait de James Cook
par Nathariel Dance-Holland. 1776.
 

   Navigateur, explorateur et cartographe britannique, James Cook est issu d'une famille relativement modeste, son père étant valet de ferme. Il est né le 27 octobre 1728 à Marton, dans le Nord Yorkshire, une petite ville aujourd'hui rattachée à Middlesbrough. La famille, qui compta 9 enfants, s'établit ensuite à la ferme Airey Home à Great Ayton. L'employeur du père finança les études du petit James à l'école primaire. Puis, à l'âge de treize ans, l'enfant travailla avec son père dans la gestion de la ferme.
  En 1745, à dix-sept ans, il fut placé en apprentissage chez un mercier de Staithes, un village de pêcheurs. C'est là que, selon la légende, il sentit pour la première fois l'appel de la mer en regardant par la fenêtre du magasin. Au bout d'un an et demi, le propriétaire de l'entreprise décréta que James n'était pas fait pour le métier et le conduisit au port de Whitby où il le présenta à des amis quakers faisant commerce du charbon et possédant plusieurs navires. Cook fut engagé sur leur flotte comme apprenti de la marine marchande. Il passa les années suivantes à faire du cabotage entre la Tyne et Londres. Parallèlement à la navigation, il étudia à fond l'algèbre, la trigonométrie et l'astronomie.
  A la fin de ses trois années d'apprentissage, James Cook navigua sur des navires de commerce en mer Baltique et monta rapidement en grade. En 1755, on lui proposa le commandement du Friendship, mais il préféra s'engager dans la Royal Navy. Cela impliquait cependant de recommencer sa carrière en bas de la hiérarchie et c'est comme simple matelot qu'il s'engagea à bord du HMS Eagle sous le commandement du capitaine Hugh Palliser. Il fut rapidement promu au grade de Master's Mate. En 1757, après deux années passées au sein de la Navy, il réussit son examen de maîtrise lui permettant de commander un navire de la flotte royale.
  Au cours de la Guerre de Sept Ans, il participa au siège de la ville de Québec. Il se consacra à la topographie des lieux et cartographia la plus grande partie de l'embouchure du St-Laurent, ce qui permit au général James Wolfe de mener son attaque décisive sur les plaines d'Abraham en 1759. Le jeune homme attira ainsi l'attention de l'Amirauté et de la Royal Society.  Il établit ensuite les premières cartes précises des côtes de Terre-Neuve, puis, vers le passage du Nord-Ouest, celles des  côtes sud et Ouest entre la péninsule de Burin et Cap Ray. Il épousa en 1762 Elisabeth Batts. Ses observations astronomiques lors de l'éclipse de soleil de 1766 confirmèrent ses talents auprès de la Royal Society.

Son premier voyage d'exploration ( 1768 - 1771 ).
   
En 1768, il fut nommé commandant du HMB Endeavour Bark et chargé par la Royal Society d'explorer le sud de l'océan Pacifique avec pour principales missions l'observation du transit1 de Vénus le 3 juin 1769 et la recherche d'un hypothétique continent austral2. L'Endeavour était un trois-mâts-barque de moins de 400 tonneaux, une embarcation solide, capable d'affronter les tempêtes, et parfaitement capable d'engranger quinze mois de vivres tout en offrant des locaux pour les scientifiques. Son faible tirant d'eau, lui permettait en outre de s'approcher des nombreux récifs et archipels du Pacifique et de remonter les cours d'eau.

Réplique du navire de James Cook
Réplique moderne de l'Endeavour. Photo "La mer en livres", Brest-2002.

   L'expédition quitta Plymouth le 24 août 1768 en direction du détroit de Magellan, avec une centaine de personnes à bord, parmi lesquelles des naturalistes comme Joseph Banks ou le Suédois Solander, l'astronome Charles Green, et les dessinateurs Buchan et Parkinson. Après les côtes du Brésil, l'expédition reconnut les Malouines et s'arrêta un temps à la Terre de Feu où l'ascension d'une montagne faillit bien être fatale à un petit groupe de scientifiques qui perdit deux hommes, morts de froid. Apès avoir passé le cap Horn, on débarqua à Tahiti le 13 avril 1769. Cook fit construire un petit fort et un observatoire qu'il baptisa Point Venus en prévision du transit de la planète qui eut lieu le 3 juin et qui bénéficia d'un ciel limpide. Il y séjourna jusqu'au 13 juillet, et fit faire une étude complète de l'île, non seulement géographique, mais aussi sociale et économique en vue d'y établir par la suite une base anglaise..
   La seconde partie du voyage avait pour but de rechercher la Terra Australis, l'hypothétique pendant de l'Eurasie de l'hémisphère nord. Bien qu'i doutât de l'existence de ce continent, James Cook explora l'archipel situé à l'ouest de Tahiti, qu'il nomma Society Islands. Grâce à l'aide d'un Tahitien, Tupia, il atteignit la Nouvelle-Zélande le 6 octobre 1769. Il était le second Européen à y débarquer après Abel Tasman en 1742. L'expédition cartographia l'intégralité des côtes néo-zélandaises et identifia aussi le détroit qui allait devenir le détroit de Cook, séparant l'île du sud de l'île du nord et que Tasman n'avait pas découvert. Laissant derrière lui le cap Farewell, il se dirigea à l'ouest en direction de la Terre de Van Diemen, actuellement Tasmanie, avec l'intention de déterminer s'il s'agissait d'une partie du continent austral recherché. Mais les vents entraînèrent le navire vers le nord. L'expédition aperçut la terre le 20 avril 1770 en un lieu que Cook nomma Point Hicks. Ils se trouvaient en fait au sud-est du continent australien, devenant ainsi officiellement les premiers Européens à repérer la côte est de l'Australie.

Le 1er voyage de James Cook

   Cook poursuivit sa route vers le nord en cartographiant les points remarquables, pénétra dans un fjord et débarqua à Kurnell. L'endroit porte aujourd'hui le nom de Botany Bay en raison des nombreuses découvertes effectuées par les botanistes Banks, Solander et Spöring. La Grande Bretagne choisira plus tard ce site pour établir une première colonie britannique. Phillip la déménagera ensuite dans un port naturel que Cook avait baptisé Port Jackson et qui fut le berceau du port actuel de Sydney. Des aborigènes furent aperçus dès le premier débarquement. La rencontre donna lieu à un échange de tirs de mousquets contre jets de lances.
Plus au nord, le navire toucha un récif de corail. On répara tant bien que mal la voie d'eau et l'on échoua l'Endeavour dans l'embouchure d'une rivière qui porte aujourd'hui le nom du bateau. La réparation dura sept semaines. Les naturalistes en profitèrent pour explorer la région et découvrirent l'existence du kangourou. Les contacts avec les aborigènes furent moins hostiles mais très réduits car Tupia ne connaissait absolument pas leur langue et leur civilisation apparaissait des plus primitives. Cook prit officiellemnt possession de toutes les terres découvertes au nom du roi George III, puis il franchit le détroit de Torrès séparant l'Australie de la Nouvelle-Guinée. Là, l'accueil des indigènes lui fut hostile et il ne s'y attarda pas. Le 12 octobre, il arrivait à Batavia ( aujourd'hui Jakarta ). Quelques marins avaient été victimes du scorbut, ainsi que des Tahitiens. Le navire resta longtemps en réparation dans ce port où l'astronome Green décéda. Pour le long voyage de retour, Cook instaura un régime alimentaire à base de fruits, de choucroute et de citron qui vint à bout du scorbut. Après une relâche au Cap et à Ste-Hélène, l'expédition revint en Angleterre le 12 juillet 1771 sans avoir perdu un seul homme supplémentaire. Cook publia le journal de cette expédition dont la moisson scientifique était incomparable. Ce fut un immense succès, à la fois scientifique et populaire. La découverte3 de l'Australie, une gigantesque terre nouvelle dotée d'une faune et d'une flore étonnantes faisait envisager une colonisation rapide.

Le second voyage d'exploration ( 1772 - 1775 ).
   Promu capitaine de frégate, James Cook fut chargé de mener une seconde expédition dont les buts ne différaient guère de ceux de la première. Il devait rechercher la Terra Australis beaucoup plus au sud et obtenait deux corvettes, le HMS Resolution et le HMS Adventure avec une équipe de scientifiques et surtout un assortiment d'instruments modernes parmi lesquels quatre chronomètres nouvellement fabriqués afin de déterminer avec précision les longitudes.
   Partie de Plymouth le 13 juillet 1772, l'expédition fit relâche au Cap où elle apprit la découverte récente d'îles australes par Kerguélen ainsi que le départ de Marion Dufresne et de Crozet en direction du sud.  On ignorait encore à ce moment que Marion Dufresne venait d'être massacré et dévoré par les Maoris en Nouvelle-Zélande4. Cook embarqua un naturaliste suédois, le Dr. Sparmann et les deux navires firent voile vers le sud--sud-ouest. Cap vers les glaces !


James Cook autour du pôle sud
Périple de Cook autour du pôle sud

   Le 14 décembre, après avoir évolué entre les icebergs et failli perdre deux hommes débarqués sur l'un d'eux pour y pratiquer des sondages, Cook décida de longer la banquise. C'était l'été, mais il faut imaginer les difficultés de cette première navigation à la voile autour du pôle sud. Le froid glacial, les mains gelées pendant les manœuvres, les aléas du blizzard austral, la veille permanente, inteminable, de jour comme de nuit, sans radar, sans projecteurs, parmi les dangereux icebergs. Quel exploit ! Il faut lire la publication du journal de Cook pour en avoir une idée. Le 8 février 1773 les deux navires se perdirent de vue dans le brouillard antarctique et Furneaux, qui commandait le HMS Adventure,  fit voile vers la terre de Van Diemen puis la Nouvelle-Zélande. Cook ne pouvant poursuivre plus au sud, après trois mois de navigation dans les glaces, résolut lui aussi de rallier la Nouvelle-Zélande. Les deux navires se retrouvèrent le 18 mai dans l'anse de la Reine Charlotte déjà reconnue au cours du premier voyage. Ils quittèrent l'île le 7 juin, naviguant toujours vers l'est et firent escale à Tahiti où, de nombreux membres de l'expédition y ayant contracté de désobligeantes maladies, il ne fallait pas s'attarder. L'explorateur revint en Nouvelle-Zélande. Puis, après avoir de nouveau perdu de vue le HMS Adventure Cook tenta de faire route vers le sud. La banquise l'empêcha de dépasser les 71 ° 10 de latitude. Manifestement, s'il existait un continent, il était situé beaucoup plus au sud et couvert de cette glace qui générait les icebergs entre lesquels on naviguait. Le 11 mars, Cook se ravitailla en vivres à l'île de Pâques, traversa les Marquises et revînt le 12 avril 1774 à Tahiti. Le temps de faire la fête et d'embarquer un indigène, Omaï, on reprit la mer, cartographiant au passage toutes les iles abordées jusqu'aux Nouvelles-Hébrides. Il découvrit le 5 septembre une grande île montagneuse, la Nouvelle-Calédonie. De retour en Nouvelle-Zélande le 9 octobre, il prit le parti de continuer son exploration des mers polaires vers l'est. Doublant le cap Horn, il reconnut la Géorgie du Sud et atteignit la ville du Cap le 22 mars 1775. Une lettre écrite par Furneaux, le commandant du  HMS Adventure l'y attendait. Elle expliquait qu'en Nouvelle-Zélande, une corvée de ravitaillement de son  bateau avait été massacrée et dévorée par des anthropophages. Manquant de bras pour les manœuvres, il avait décidé de rentrer en Angleterre.

Second voyage de James Cook

Cook en fit donc autant et arriva à son tour à Plymouth le 30 juillet 1775, un an et quinze jours après Furneaux.
Son retour fut un véritable triomphe. Le tour complet du pôle sud avait été accompli pour la première fois, accompagné d'une moisson de découvertes. Comblé d'honneurs, promu "captain" (capitaine de vaisseau), élu à la Royal Society, récompensé par la médaille de Sir Godfrey Copley, invité partout, Cook ne pensait pourtant qu'à reprendre la mer.

Le troisième voyage ( 1776 - 1779 ).
   Le Pacifique sud avait été bien reconnu. Les calculs précis de la longitude permettaient de mettre le cap sur une île et d'y arriver sans erreur. Hormis les Kerguélen découvertes par les Français et les pôles, une seule région du globe restait floue, sinon inconnue, c'était le Pacifique nord. Les côtes occidentales américaines et canadiennes, l'Alaska, les côtes de la Sibérie orientale, toute cette immense région attendait encore d'être cartographiée. Et qu'y avait-il après le détroit de Béring ? Pouvait-on gagner l'Atlantique par un passage au nord du continent américain ? Ce Grand Passage, que l'on disait avoir été trouvé par des Espagnols en 1640 existait-il vraiment ? Et puis il fallait bien aussi ramener Omaï à Tahiti.
   Ce furent donc les instructions que reçut l'explorateur pour son troisième voyage. On lui donna deux navires, le HMS Resolution, toujours lui, et le HMS Discovery commandé par Charles Clerke, un capitaine bien connu de Cook puisqu'il avait été matelot sur l'Endeavour puis aspirant sur le Resolution. Cook avait limité le nombre de passagers et choisi plutôt de confier les tâches scientifiques à ses officiers.
  Les deux commandants quittèrent Plymouth à quelques semaines d'intervalle, Cook  le 12 juillet 1776, Clerke à la fin du mois. Cook fit escale aux Canaries où le physicien français Borda relevait la longitude exacte de l'île de Fer ( aujourd'hui El Hierro ) dont le méridien était considéré par la France, depuis la décision de Louis XIII, comme origine des longitudes. C'est ensuite au Cap que les deux navires anglais se rejoignirent. Puis ils accostèrent aux Kerguélen dont ils firent les relevés. En homme de cœur, ayant été informé par Borda de la disgrâce qui frappait le découvreur français de ces îles, il leur donna le nom de Kerguélen. On était à la fin de l'année 1776. Cook poursuivit sa route vers l'est et rallia la Terre de Van Diemen (Tasmanie) où il décrivit une population aborigène qui devait totalement s'éteindre un siècle plus tard. Puis il retrouva en Nouvelle-Zélande le mouillage qu'il avait quitté les années précédentes. Il laissa aux Maoris quelques spécimens de graines ainsi que des animaux d'Europe et reprit sa route vers Tahiti en visitant les différentes îles précédemment découvertes. Omaï fut débarqué à Huahiné, sa patrie, où, respecté et devenu célèbre, il épousa la fille du roi Otou. Le charme des îles de la Société opérant, plusieurs matelots désertèrent mais furent rapidement repris et sévèrement punis par Cook.

3ème voyage de James Cook

  La première partie de sa mission achevée, l'explorateur fit voile vers le nord, franchit l'équateur et découvrit le jour de Noël 1777 une île seulement habitée de tortues de mer, qu'il appela île Christmas. Le 18 janvier l'expédition découvrit un important groupe d'îles, parmi lesquelles Hawaï, et auxquelles le navigateur donna le nom d'îles Sandwich, nom du premier lord de l'amirauté. Au cours de son escale, Cook fut adoré comme un dieu par la population  et décida de revenir dans cet agréable archipel à la fin de sa mission. Mettant le cap à l'est, il était le 5 mars 1778 en vue des côtes américaines de Californie. qu'il remonta loin vers le nord. L'expédition jeta l'ancre dans une grande baie protégée par une île immense à laquelle, par la suite, en 1792, l'un des officiers de Cook, George Vancouver, donnerait son nom. On troqua des marchandises avec des Indiens riches en fourrures de toutes sortes et l'expédition reprit son cap vers le nord à la recherche d'un détroit mythique, le détroit de Fonte, porté sur toutes les cartes et censé constituer l'entrée du Grand Passage. Parvenue sans résultat au 66ème degré de latitude nord, l'expédition atteignit le détroit que Béring avait exloré en 17285. Cook le franchit et fut arrêté par la banquise à la hauteur du 71ème parallèle. Se bornant à une reconnaissance des côtes de l'Alaska, il prit contact avec les marchands d'un comptoir russe puis fit voile vers le sud.
  L'expédition toucha Hawaï le 26 novembre 1778. Son arrivée coincidait avec la saison de Makahiki et aux grandes fêtes organisées en l'honneur du dieu Lono de la nature, la fertiulité et la paix. Cook fut assimilé à ce dieu et couvert de présents. Pendant un mois, les visiteurs bénéficièrent de ce chaleureux accueil. Cependant on leur fit comprendre qu'il ne fallait pas s'éterniser et ils reprirent la mer.
   Mais une avarie due au mauvais temps les obligea à revenir à leur mouillage pour réparer.  L'endroit était désert, devenu tabou. Les Hawaïens étaient entrés dans la saison de Ku, dieu de la guerre. Les contacts avec la population furent très tendus. Le 13 février 1779, un détachement britannique reçut une grêle de pierres et un canot fut volé. Le lendemain, après avoir ordonné le branle-bas de combat sur les deux navires, Cook mit toutes les chaloupes à la mer et, suivi de ses fusiliers, descendit à terre afin de prendre en otages le roi et son entourage pour obtenir la restitution de leur embarcation. Malgré une foule énorme amassée sur la plage il allait embarquer le roi lorsqu'un coup de feu tiré de l'un des canots tua l'un des chefs. Ce fut alors une excitation générale. Les Britanniques tirèrent des coups de feu  en se repliant tandis que des pierres leur étaient lancées. Plusieurs marins furent tués. Au moment où James Cook allait monter dans sa chaloupe, il fut poignardé par un indigène et s'écroula. Ne pouvant le secourir, les canots s'éloignèrent tandis que la foule s'acharnait sur le corps du commandant et l'emportait loin du rivage..
   
Mort de James Cook
La mort de Cook. Huile sur toile du  18ème siècle. Honolulu Academy of Arts

La fin du voyage ( 1779 - 1780 ).
   La mort de l'explorateur faisait de Clerke le nouveau commandant de l'expédition. La situation était délicate car les navires n'étaient pas encore réparés. Craignant le cannibalisme, on décida qu'il fallait avant tout récupérer les corps. Un fort détachement de fusiliers fut envoyé à terre, procéda à des exécutions sommaires et brûla des villages. Le roi entama alors des négociations. Les insulaires rassemblèrent quelques débris des corps et les apportèrent en procession sur la plage avec des présents. Une cérémonie funèbre fut organisée et les restes humains furent inhumés en mer. A terre, le tabou avait été proclamé.
  Les réparations achevées, Clerke prit le commandement de la Resolution tandis qu'il était remplacé à bord du Discovery par le lieutenant Gore. On décida d'achever la mission précédente. Faisant voile vers le nord, les deux navires firent escale dans un port russe du Kamtchatka puis franchirent de nouveau le détroit de Béring. et reconnurent une portion des côtes asiatiques et américaines jusqu'à la banquise.. Le 22 août 1779, Charles Clerke mourut de tuberculose. Gore décida alors de rentrer en Angleterre.
   Le voyage de retour dura plus d'un an.  On refit difficilement des provisions à Petropavlosk car aucun marin ne comprenait le russe. Puis après un court mouillage au Japon, on fit une longue escale à Macao. Les mesures de longitude s'étaient poursuivies le long de toutes les côtes de même que les relevés cartographiques. A Macao, où Gore apprit la guerre d'Indépendance américaine et les revers subis par les Anglais, les autorités confisquèrent les journaux de bord mais le lieutenant parvint à leur en soustraire un exemplaire.  Les deux navires rentrèrent alors au pays en passant par les détroits indonésiens, Le Cap et Sainte-Hélène. Ils arrivèrent à Londres le 1er octobre 1780.
 
   James Cook, en une douzaine d'années seulement, a fait faire un pas de géant aux connaissances maritimes mondiales. Il n'est comparable à aucun autre explorateur pour son dévouement, sa ténacité, sa rigueur et son absence d'ambition personnelle. Pour lui, l'intérêt général, et d'abord celui de ses hommes, primait sur toute autre chose. Il a su s'entourer des meilleurs spécialistes de son époque. Ses qualités de navigateur, de cartographe et d'homme de science, sa persévérance et le fait qu'il ait pu utiliser comme personne les toutes dernières nouveautés pour calculer les longitudes font de lui le plus grand marin de tous les temps, bien plus talentueux que le célèbre Christophe Colomb. Ses découvertes ont considérablement agrandi le nombre de possessions britanniques et contribué fortement à l'expansion de la langue anglaise à travers le monde. L'hydrographie, la botanique, l'ethnographie, l'astronomie et même la médecine navale lui doivent beaucoup. Plus tard, Dumont d'Urville dira de lui : "C'était un grand marin, dans toute la plénitude du terme".6

Christine LABAT-KERMORGANT  
   
   ***

   
-1- On appelle transit de Vénus le passage, vu de la Terre, de la planète devant le disque solaire. Deux passages espacés de huit ans ne se renouvellent que tous les 113 ans et demi. ( dernier passage les 5-6 juin 2012 ). L'astronome anglais Halley, celui qui a donné son nom à la comète, avait imaginé dès 1678 une méthode simple de triangulation permettant de calculer aisément la distance de la Terre au Soleil à partir d'observations faites de l'image de Vénus sur le disque solaire, vue de deux points de la Terre très éloignés, si possible même aux antipodes l'un de l'autre. La distance de la Terre au Soleil étant un étalon très important en astronomie, il était indispensable d'appliquer la méthode proposée par Halley lors des transits de 1761 et de 1769 et de multiplier les points d'observation en raison des aléas météorologiques. En 1761, la guerre de Sept Ans n'a pas pu les rendre possibles. En 1769, plusieurs nations envoyèrent des équipes d'astronomes dans différentes régions du globe. Aujourd'hui, les satellites permettent de connaître la distance de la Terre au Soleil avec une bien meilleure précision, mais les astronomes continuent à observer le transit de Vénus afin d'en déduire des renseignements applicables aux exoplanètes lors de leur passage devant leur étoile.
-2- L'existence d'une Terra Australis était basée sur l'hypothèse que les différentes côtes découvertes çà et là dans le Pacifique sud appartenaient en fait à un même continent. Cependant il s'agissait surtout pour l'Amirauté, alors qu'elle savait Bougainville dans les parages, de reconnaître avant les Français le maximum de terres dans le Pacifique sud au profit de la Grande Bretagne.
-3- A peine deux ans après l'atterrage de Cook à Point Hicks, le Breton Saint-Aloüarn découvrait la côte occidentale de l'Australie. Voir notre notice sur Yves de Kerguélen..
-4- Voir aussi notre notice sur Marc Marion Dufresne..
-5- Voir notre notice sur Vitus Béring.
-6- Cook laissait trois enfants. Sa veuve lui survécut un demi-siècle.


EN SAVOIR PLUS

Longitude

Ed. Points 1998
La fin du voyage

Ed. Allia 2004
Relations de voyages autour du monde 2005
Ed. La Découverte 2005
Relations de voyages autour du monde
Ed. La Découverte
James Cook sa vie ses voyages

Ed. La Découvrance 2007
Les trois voyages du capitaine Cook autour du monde
Ed. La Découvrance 2008
Les grands explorateurs
Ed. Ouest-France 2010
James Cook et la découverte du Pacifique
Ed. Actes Sud 2010
Cet ouvrage, très illustré constitue le catalogue d'une exposition
Th explorations of Captain Cook in the Pacific

Dover Publications Inc. 1972


Captain Cook voyages of discovery
Academy of Chicago Publishers 1992
James Cook

Penguin Classics 2003
Hunt for the southern continent
Penguin Classics 2007

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