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NOUVELLES
 2012












La nef de la Royne



Le notaire de Saint-Renan



Le sacrifice de la Belle Cordelière



Entre Le Conquet et Le Minou



La bataille de Cunégonde de Kergouezel



Le compagnon de Primauguet



Quatre frères



Traumatisme



La dernière victoire de La Cordelière



Espionnage



Le récit de Gwenn



La nuit de la Saint Laurent



Le récit de Malo

Espionnage

Une nouvelle de Philippe GENSE
Elève de Seconde au Lycée de Kerichen, de Brest
3ème
prix catégorie "lycéens"

Je me réveillai dans un lit à l'Hôtel-Dieu. Autour de moi, des malades et blessés gémissaient, et devant moi se dressaient cinq militaires : quatre soldats et un officier qui m'aborda ainsi :
« - Monsieur, souffrez que je pose quelques questions.
- Vous pouvez, répondis-je faiblement, mais je vous prie, militaire, de m'indiquer quel jour nous sommes et la raison de ma présence en ce lieu.
- Nous sommes le treize août de l'an mil cinq cent douze. Vous êtes l'un des rares survivants du terrible combat naval qui opposa notre flotte à la flotte anglaise. C'est d'ailleurs à ce propos que j'ai reçu l'ordre de vous questionner. Le roi Louis et sa cour souhaitent connaître les moindres détails de ce tragique affrontement. »

Au fur et à mesure que l'officier me parlait, je recouvrais progressivement la mémoire. Je consentis alors à lui faire part de mon récit.


 - Eh bien, brave militaire, consentez
A préparer, crayon et papier
Afin que je vous narre
Mon incroyable histoire.


- Me voilà prêt, cher monsieur, répondit-il, mais je vous prierais de parler en prose, la prise de notes n'en sera que plus simple.

Je me relevai sur mon lit, le regardai et fis appel à ma mémoire :
« - Comme il vous siéra, militaire. »

Je pris une grande une grande inspiration et commençai mon récit :

« Comme vous le savez sûrement, le capitaine Henri de Portzmoguer avait organisé sur son navire Marie la Cordelière, une réception agrémentée d'une promenade au large de la Pointe St-Mathieu. Aimant grandement la mer et ayant les moyens financiers de satisfaire ce caprice, j'embarquai. Je fus tout de suite impressionné par ce navire de guerre. J'arrivais parmi les derniers et fus reçu par le capitaine lui-même qui me souhaita un bon voyage. Le temps que les tout-derniers arrivent, j'engageai une conversation sur les attaques anglaises sur la côte bretonne quand...

- Pardonnez-moi, monsieur, de mon impolitesse mais je vous saurais gré d'aller directement à l'affrontement.

- Soit,soit. Nous sortions à l'instant du goulet et avions engagé un concours de rimes quand nous entendîmes la vigie crier : 

« Voile anglaise au nord ! »

Nous regardâmes tous vers le nord et le capitaine prit sa lunette.

« Sainte-mère de Dieu, s'exclama-t-il, Le Regent !

- Quoi? demandais-je.

- Le plus puissant des navires anglais, sa puissance de feu équivaudrait celle de la Cordelière.

- Mais qu'allons-nous faire ? demanda une dame près de moi.

- Combattre, bien sûr, nous ne sommes pas sur le plus puissant navire français pour rien. »

Puis s'adressant à l'équipage : 

« - Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont, chargez et arrimez les pièces d'artillerie, barre au nord, hissez le pavillon de demande de renfort ! ».

Tout alla alors très vite. Nous nous rapprochâmes du Regent alors que les renforts n'avaient pas encore passé passé l'île Ronde. Nous étions à peine une vingtaine de navires français face à une multitude de navires anglais lourdement armés.

Le premier tir fut anglais et nous sursautâmes tous sur le navire. Le boulet tomba à un jet de pierre. Toute la flotte français riposta en même temps et un grand mât anglais tomba. Un cri de joie s'éleva de la flotte française, le premier point était pour nous. Alors s'éleva chez l'ennemi, non pas un cri mais le pavillon rouge.

« Pas de quartier, hurla le capitaine, aucun prisonnier ne sera fait! ».

Le combat fut rude : abordages, tirs d'arquebuses, canons... Les deux camps mettaient tous les moyens à l'œuvre pour vaincre l'autre. Les femmes, enfants et hommes de sagesse de la Cordelière avaient été regroupés dans le château avant; moi et les hommes en âge de combattre avions été réquisitionnés en cas d'abordage quand tout à coup...BAM!! Le château avant vola en éclats et du sang atterrit sur le pont. Nous restâmes consternés mais cela renforça l'envie du capitaine d'en découdre. Il ordonna une manœuvre d'abordage sur le Regent,  mais un autre navire s'approcha pour nous mettre en difficulté. J'eus tout juste le temps de voir le nom sur la coque avant que le grand mât, abattu par une bordée, s'écrase dessus. C'était le Sovereign qui battit en retraite. L'abordage sur le Regent fut d'une violence inouïe.
Le capitaine Portzmoguer tira le premier au mousquet, hurlant la devise de sa famille : 

« War vor ar war zouar!! ».

Ce fut une véritable boucherie. Ma rapière plantait des cœurs, transperçait des gorges. Le premier mort m'avait dégoûté mais au fur et à mesure, je tuais, je pourfendais et une véritable folie meurtrière m'avait envahi.

La Cordelière et le Régent. Enluminure d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale de France.

Je sortais d'un duel où la vie avait failli me quitter quand je vis du feu à l'entrepont et le capitaine sauta à l'eau avec son armure de fer. Soudain, ce que m'avait dit un marin un jour me revint en mémoire :

« Si la sainte barbe, au fond du navire prend feu, c'est l'enfer sur la mer. ».

Suivant mon instinct, j'enlevai le peu d'armure que j'avais, je laissai ma rapière et sautai à l'eau. J'allais atteindre la surface quand le feu atteignit la sainte barbe de la Cordelière, entraînant l'explosion de celle du Regent. Je perdis connaissance.

Quand je me réveillai, les deux flottes étaient parties, la mer était pleine de débris et de cadavres et j'étais allongé sur une planche. Il devait être marée haute car le courant m'emmenait vers le port. Je m'assoupis de nouveau et me réveillai ici-même, devant vous. ».

A la fin de mon récit, les militaires me remercièrent et s'en allèrent. Je me rallongeai et soupirai. Mes deux années d'espionnage avaient porté leurs fruits. Moi, marin du Regent avais échappé à une mort certaine.


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Philippe GENSE



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