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Thor Heyerdahl
1914 - 2002

et l'expédition du Kon-Tiki.
par Yannick LOUKIANOFF



Portrait de Thor Heyerdahl
Thor Heyerdahl en 1947.



   En 1997, le Pérou émettait un timbre afin de célébrer le cinquantenaire de l'une des plus célèbres expéditions maritimes réalisées sur la planète. Une traversée du Pacifique en radeau partie du Pérou et dont l'équipage n'était pas péruvien, mais scandinave. C'est qu'à l'époque, en 1947, l'aventure de cette équipe composée de cinq Norvégiens et d'un Suédois avait eu un extraordinaire retentissement international.

Timbre du Kon-Tiki

   Thor Heyerdahl, né en 1914, à l'origine de cette folle idée était loin d'être un grand marin. Il n'était même pas marin du tout. Il avait fait des études de zoologie à l'université d'Oslo et, anthropologue, c'est au cours d'un séjour dans l'archipel des Marquises en 1937 qu'il eut connaissance de légendes racontant l'arrivée sur ces îles d'ancêtres venant de l'est, c'est-à-dire du grand large, à travers tout le Pacifique. Or la communauté scientifique s'accordait, et s'accorde toujours aujourd'hui, à considérer que le peuplement des Marquises, comme celui de toute la Polynésie, puisait ses racines en Asie et non en Amérique.
   Heyerdahl élabora une théorie complémentaire qui, sans contredire celle communément admise, ouvrait la porte à des incursions d'Amérindiens en Polynésie. Il s'appuyait sur une étude des vents et des courants, de la flore et de la faune, de restes humains ainsi que sur un parallèle culturel qui ne manquaient pas d'originalité. Cependant, les Amérindiens n'ayant guère connu que le radeau de balsa comme moyen de navigation, son hypothèse se heurtait constamment à l'impossibilité de traverser l'océan Pacifique à bord d'une aussi frêle et primitive embarcation.
   L'unique moyen pour le chercheur de prouver la possibilité de sa théorie était donc de se lancer dans une aventure d'archéologie expérimentale. Il réunit deux de ses compagnons de résistance à l'occupation allemande, Knut Haugland et Torstein Raaby, deux autres amis l'ingénieur Herman Watzinger et l'architecte Erik Hesselberg qui, seul, était un marin compétent, s'adjoignit Bengt Danielsson, un biologiste suédois et se lança dans la construction d'un radeau constitué de gros troncs de balsa coupés dans la forêt équatorienne, liés entre eux par des lianes qu'il réussit à acheminer jusqu'au port de Callao proche de la capitale Lima. Un mât, une voile et une cabane rudimentaire furent installés sur le radeau qui fut baptisé Kon-Tiki du nom d'un roi-soleil vénéré autrefois chez les Incas du Pérou et dont une légende rapportait qu'il avait dû émigrer avec son peuple depuis le lac Titicaca jusque sur le Pacifique à bord de radeaux qui s'étaient éloignés vers l'ouest...

Le Kon-Tiki

  Le départ eut lieu le 28 avril 1947. Les aventuriers ne sachant pas encore comment diriger une telle embarcation, celle-ci fut remorquée jusqu'au large afin d'éviter une collision avec un navire. Une longue rame fut d'abord fixée à la poupe en guise de gouvernail d'étambot très anachronique. Plus tard pendant la traversée, ils s'aperçurent qu'en introduisant des dérives entre les troncs et sans toucher au gouvernail le radeau devenait aisément manœuvrable.
  Un vent du sud-ouest les poussa vers le grand large. L'année 1947 n'étant pas une année "El Nino", ils bénéficièrent d'alizés réguliers durant toute leur traversée. L'équipage disposait d'une radio, d'une boussole, d'une caméra et d'un canot pneumatique de secours qui ne leur servit guère qu'à prendre des vues du radeau en pleine mer. On avait dit aux aventuriers que le balsa était un bois susceptible de s'imprégner d'eau et donc de couler, ce qui se confirmait lorsque des morceaux de bois étaient jetés à la mer. Toutefois l'embarcation tenait bon. Les lianes s'enfonçaient dans le bois tendre et étaient ainsi protégées de la corrosion. De grosses vagues balayaient fréquemment le pont situé trop bas sur l'eau pour que les occupants puissent alors apercevoir l'horizon. Des poissons volants s'y échouaient et faisaient l'objet, chaque matin d'un fructueux ramassage pour les repas ainsi que comme appâts pour la pêche. Un requin-baleine d'une quinzaine de tonnes vint même un jour contempler de tout près le radeau et infliger à ses occupants une peur mémorable. Le livre écrit plus tard par le chef de l'expédition dans un style alerte et passionnant fourmille de détails et d'anecdotes sur cette incroyable traversée.

  Une île fut en vue le 30 juillet. Il s'agissait de l'atoll de Puka Puka, dans l'archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Le 7 août, après avoir heurté un récif, le radeau s'échoua enfin sur l'atoll de Raroia dans le même archipel. Les aventuriers, après 101 jours de mer, avaient parcouru 4300 milles, soit 7850 km !
Le pari était gagné : à part quelques avaries due au choc final, le radeau restait navigable et l'équipage était indemne. Tous les arguments sceptiques qui avaient été opposés au départ de l'expédition volaient en éclats.

  Thor Heyerdahl écrivit "L'expédition du Kon-Tiki". Le livre connut alors un immense succès. Il se vendit à plusieurs millions d'exemplaires et se vend encore de nos jours. Il fut traduit en 67 langues. Un film tourné à bord avec une caméra ordinaire remporta en 1950 l'Oscar du meilleur documentaire. Un musée du Kon-Tiki existe aujourd'hui à Oslo dans lequel les visiteurs peuvent voir une reproduction grandeur nature du célèbre radeau.

Le musée du Kon-Tiki
Le musée du Kon-Tiki à Oslo ( Norvège )

   Après le succès mondial de son expédition, l'anthropologue organisa une recherche archéologique aux îles Galapagos en 1953. Il y découvrit des objets amérindiens qui mettaient en évidence des relations maritimes entre le continent et les îles à l'époque Inca et même auparavant.
   En 1955 et 1956, il organisa une importante campagne de fouilles sur Rapa Nui, l'île de Pâques. Celle-ci mit au jour des vestiges de trois civilisations successives, les fameuses statues de pierre appartenant à la seconde. Certaines statues très anciennes nouvellement mises au jour rappelaient des sculptures boliviennes et confortaient ainsi la thèse de l'anthropologue. Accessoirement, les fouilles entreprises permirent de sauver le toromiro, un arbre au bois noueux qui ne pousse que sur l'île de Pâques.
   En 1969, élargissant son idée à l'ensemble de la navigation antique, Thor Heyerdahl voulut prouver que les anciennes embarcations égyptiennes étaient capables de traverser l'Atlantique. Renouant avec l'archéologie expérimentale qui avait fait le succès du Kon-Tiki, il confectionna un radeau de roseaux qu'il baptisa , du nom du dieu égyptien du soleil et s'embarqua à partir du port de Safi, au Maroc, pour une longue navigation transatlantique. Celle-ci dut être interrompue au bout de 5000 km à cause d'un défaut de construction du radeau. Qu'à cela ne tienne, l'anthropologue fit construire une seconde embarcation baptisée Râ II, et renouvela son aventure. Il atteignit deux mois plus tard l'île de La Barbade, dans les Petites Antilles, après avoir parcouru 6100 km à travers l'océan.
    En 1977, à bord d'un nouveau bateau de roseaux baptisé Tigris, il mit en évidence des possibilités de navigation antique à partir de la Mésopotamie sumérienne vers les rivages africains et asiatiques 3000 ans avant notre ère. Puis il continua ses fouilles archéologiques aux Maldives, aux Canaries et enfin au Pérou.
   Thor Heyerdahl est décédé le 18 avril 2002 à l'âge de 87 ans. Il laisse le souvenir d'un grand précurseur sur le plan des thèses anthropologique et archéologiques. Mais il était surtout, aux yeux du monde entier, un marin d'exception.

Yannick LOUKIANOFF  


EN SAVOIR PLUS :
L'expédition du Kon-Tiki L'expédition du Kon-Tiki
L'expédition du Kon-Tiki L'expédition du Kon-Tiki

Les compagnons du Kon-Tiki
Le seul navigateur de l'expédition, l'architecte Erik Hesselberg, a tenu à sa manière et grâce à ses talents de dessinateur un original carnet de voyage.

L'île du Kon-Tiki

Le biologiste suédois Bengt Danielsson, marié à une Française, s'est établi en Polynésie et étudie dans cet ouvrage les particularités de Raroïa, l'île où s'est échoué le radeau.


 
  
   


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