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 2014













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Le jour de mon immortalité
.©

Une nouvelle de Blanche FOUILLARD - MAIRESSE
et Katell EVRARD
élèves du collège St Vincent, à St-Pierre-Quilbignon.
2e prix, catégorie "Collégiens 6e-5e"


***

  Cela faisait bientôt six mois que nous naviguions, les réserves de nourriture commençaient à manquer et le moral de l'équipage était au plus bas. Je suis une redoutable écumeuse des mers, beaucoup m'assimilaient à l'un des pirates les plus dangereux qui existent. Les bateaux sur mon chemin n'étaient pas prêts à affronter leur destin...

  Mon navire se nomme le Princess, il a à sa proue une sirène resplendissante dont la queue se mélange à la ligne de flottaison du navire. Le Princess, beau, grand et massif, faisait reculer à des lieues et des lieues tous les navires s'approchant.
  Mon allure est féminine mais très autoritaire, mes cheveux descendent jusqu'au bas de mon dos, un bandeau rouge les empêche de tomber dans mes yeux qui sont bleu azur. Je porte une vieille veste trouée, présent de Maman pour mon tout premier voyage en mer, un pantalon tout aussi usé, mais dans lequel je suis à l'aise pour naviguer. Quant à mes bottes noires, elles sont simples, pratiques, élégantes, tout moi quoi !

  Dès ma plus tendre enfance, j'ai été plongée dans l'univers mystérieux et inquiétant qui entourait les pirates. Il faut dire que mon père tenait une auberge dans laquelle ont été hébergés les plus grands hors-la-loi tels que Barbe Noire ! Beaucoup parlaient d'une fontaine mystérieuse qui permettait d'accéder à l'immortalité. Ils l'appelaient tous la Fontaine de Jouvence. Elle était cachée dans une île qui n'apparaissait qu'aux yeux des plus braves et de ceux qui le méritaient. Mon rêve était désormais de trouver cette île, et ce jour approchait à grande vitesse... A ce moment-là, je pensais à tous les efforts que j'avais faits pour être brave et mériter de voir l'île. J'avais pillé des bateaux, volé des trésors, fait couler des navires, mais j'ai aussi parfois fait preuve de gentillesse en laissant la vie à certains équipages et à leurs capitaines. Surtout lorqu'ils étaient beaux, bronzés et musclés !

    Par une belle nuit de l'an 1720, j'entendis la voix du timonier qui clamait :

- L'apparition d'une île en vue !

   J'attendais ce jour depuis une éternité, l'île était aujourd'hui à ma portée. Elle n'était qu'à deux lieues de notre navire, j'attendais d'accoster avec impatience.
Je devais faire un choix: la première option était de partir seule sur l'île sans risquer la vie de mon équipage et la perte de mon bateau. La seconde était d'y aller avec mon équipage en étant sûre d'y laisser quelques morts et ma Princess à portée de main des ennemis ayant le même but que moi. Je choisis la première solution. Nous avons fait le tour pour trouver un lieu pour accoster facilement et sans danger.

   A terre, une forêt apparut devant moi. Sans plus attendre et sans me poser de questions, je m'enfonçai dans cette jungle lugubre et sauvage. De nombreux bruits vinrent à mes oreilles. Je me sentais comme traquée, épiée et sans aucune défense. Bon, j'avais quand même apporté mon sabre et mes pistolets avec moi ! Mais aurais-je le temps de m'en servir ?
Tout à coup, une jeune fille très belle surgit face à moi, vêtue d'un simple linge. Elle ne semblait pas avoir été effrayée par ma présence, mais plutôt rassurée.

Elle me prit délicatement la main et, sans aucune peur, me fit traverser la forêt. Elle prononça durant tout le chemin le même mot : "Lara". Je pensai alors que ce devait être son prénom et décidai de la nommer ainsi. Nous avons marché environ une heure pour enfin ressortir dans une grande vallée faite d'arbres, de fleurs et de champs. Mais ce paysage magnifique me semblait désert et inhabité. Elle m'amena à sa famille, car lorsque nous nous sommes arrêtées, je me trouvais devant des personnes très charmantes qui lui ressemblaient beaucoup et qui m'accueillirent avec beaucoup de joie...
   Il y avait pourtant un problème : sa famille ne parlait pas ma langue. Mais grâce aux merveilleux talents de dessinatrice de la jeune fille, elle traduisit, par le dessin, avec une facilité incroyable, ce langage qui m'était inconnu. Ses dessins étaient extraordinaires et superbes. Très vite sa famille se confia à moi et m'indiqua avec précision l'emplacement de la Fontaine de Jouvence. Je ne fus pas surprise par leur demande : en échange d'un guide pour trouver la Fontaine, je devais les ramener sur leur terre sains et saufs. Mais ce troc valait largement le coup.

    Dès l'aube, Lara et moi prîmes la route vers la Fontaine de Jouvence. La jeune fille connaissait l'île comme sa poche. Elle m'avait dessiné un plan très détaillé. De nombreux animaux sauvages nous barraient la route et un jaguar nous menaça. Lara serra ma main fortement, cela paraissait pour moi un signe de peur. L'animal avançait doucement et nous reculions prudemment vers les arbres magnifiques lorsque le jaguar se mit à courir. Nous montâmes sur l'arbre le plus proche. C'était un arbre qui ressemblait à un chêne et dont les feuilles avaient un petit pigment doré. Là-haut nous attendîmes le départ du jaguar, mais, têtu, il attendait notre descente. Il eut ce qu'il voulait : je sortis donc mon sabre et descendis. J'étais terrorisée et eus quelques blessures, mais au final nous réussîmes à traverser.
   Nous nous sommes arrêtées devant une petite rivière où je mis mon bras blessé dans l'eau. Nous étions en sécurité dans un endroit calme pour nous reposer. Je m'apprêtais à m'allonger sur un tronc dont l'allure avait l'air douillet, mais je fus retenue par Lara qui poussa un cri en me prenant la main et qui me releva. Mais que se passait-il ?
Elle m'expliqua alors avec beaucoup de sérieux que ces arbres étaient très dangereux car dès que l'on touchait une partie du végétal, une brûlure nous faisait souffrir et alors la blessure entraînait une mort douloureuse.
   Je sentais la réussite s'approcher peu à peu; j'avais comme une sensation de victoire. Il fallait passer derrière une chute d'eau afin d'atteindre la Fontaine, mais au moment de la franchir, un éboulement de pierres se produisit, manquant de nous blesser. Tout comme ces roches qui venaient de tomber, mes espoirs s'écroulèrent. A ce moment-là, Lara et moi entendîmes des voix ! Elles ne ressemblaient pas à ma langue, mais en regardant Lara je compris qu'elle semblait reconnaître ces voix et s'en méfier. Sur un bout de sa main elle dessina des têtes de mort... Je partageai très vite sa peur et compris que ces têtes symbolisaient un danger pour nous et notre but...
   Tout à coup ils apparurent derrière nous avec des lances extrêmement bien aiguisées semblant pouvoir transpercer toute chair humaine ! A ce moment-là nous reconnaissons des voix familières. La famille de Lara était attachée à des arbres. Ils criaient et demandaient de l'aide. Je fus prise d'un profond malaise envers la vie de cette famille désormais brisée à cause de mes folles envies d'aventure...
   Mais très vite je repris confiance. Je réfléchis longuement et trouvai la seule et unique solution. Je me servis alors de nos mésaventures passées pour nous sauver de cette situation.
Je fus comme expulsée de mon corps et je pouvais regarder la scène qui se déroulait devant mes yeux ! Je me vis attraper l'une de ces roches et faire diversion. Nos ennemis se retournèrent. Je profitai alors de cette occasion inespérée pour saisir mon pistolet et avec précision je tirai pour toucher chaque ennemi à la jambe. Je ne voulais pas les tuer, mais juste leur faire peur. Sous la pression de mon arme ils délivrèrent nos amis et nous laissèrent continuer notre route.
   Lorsque je repris le contrôle de mon corps, j'étais déboussolée, comme dans les vapes ! Mais je devais faire face et remonter la pente. C'est donc avec soulagement que je décidai de continuer mon aventure seule, sans risquer de perdre ceux qui étaient désormais devenus mes amis. Il me fallait maintenant trouver une solution pour contourner ces roches. Sauter dans la chute d'eau de plus de trente mètres...
   L'eau me semblait profonde et sans crocodiles, qui, eux, auraient pu me prendre la vie à coup sûr ! Afin d'atteindre la Fontaine je passai donc sous la chute, mais pour cela je devais abandonner cette merveilleuse famille en lui promettant de revenir saine et sauve, et de les ramener coûte que coûte.
  Les chutes d'eau passées, je marchai, épuisée d'avoir nagé pendant presque une heure. J'espérais trouver rapidement mon bonheur. Après plusieurs heures de marche, une entrée de grotte était là... Des sentiments de joie et de peur se bousculèrent dans mon cœur. Je me décidai à entrer.
C'est à ce moment-là que je compris une chose : mon périple ne faisait que commencer...
Car face à moi ...

FIN
Blanche  FOUILLARD - MAIRESSE et Katell EVRARD  


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