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Des pages qui font aimer et respecter la mer.






GRANDS  MARINS
DU
MONDE

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Les Phéniciens de Néchao II
( vers  -600 )




Le périple d'Hannon
( vers  -460 )



Néarque
 vers  -360  à  vers  -300 



Pythéas
( vers  -300 )



Zheng He
( 1371 - 1435 )



 Barthélémy Diaz
( 1450 - 1500 )



Christophe Colomb
( 1451 - 1506 )



Afonso de Albuquerque
( 1453 - 1515 )



Amerigo Vespucci
( 1454 - 1512 )



Barberousse
( 1466 - 1546 )



Vasco de Gama
( 1469 - 1524 )



Gonneville
( vers 1470 - ? )



Primauguet
( vers 1475 - 1512 )



Fernand de Magellan
( 1480 - 1521 )



Jacques Cartier
( 1491 - 1557 )



Jean Parmentier
( 1494 - 1529 )



Francis Drake
( 1545 - 1596 )



Willem Barents
( 1550 - 1597 )



Abraham Duquesne
( 1610 - 1688 )



Anne-Hilarion de Tourville
( 1642 - 1701 )



Jean Bart
( 1650 - 1702 )



René Duguay-Trouin
( 1673 - 1736 )



Jacques Cassard
( 1679 - 1740 )



Vitus Béring
( 1681 - 1741 )



James Cook
( 1728 - 1779 )



Marion-Dufresne
( 1729 - 1772 )



Suffren
( 1729 - 1788 )



Bougainville
( 1729 - 1811 )



Charles Cornic
( 1731 - 1809 )



Yves de Kerguélen
( 1734 - 1797 )



Antoine d'Entrecasteaux
( 1737 - 1793 )



Jean-François de La Pérouse
( 1741 - 1788 )



Nelson
( 1758 - 1805 )



Pierre Roch Jurien de la Gravière
( 1772 - 1849 )



Robert Surcouf
( 1773 - 1827 )



John Franklin
( 1786 - 1847 )



Dumont d'Urville
( 1790 - 1842 )



Emile de Bray
( 1829 - 1879 )



Joshua Slocum
( 1844 - 1909 )



Emile Guépratte
( 1856 - 1939 )



Jean-Baptiste Charcot
( 1867 - 1936 )



Alain Gerbault
( 1893 - 1941 )



Marcel Bardiaux
( 1910 - 2000 )



Thor Heyerdahl
( 1914 - 2002 )



Jacques - Yves Le Toumelin
( 1920 - 2009 )



Annie Van de Wiele
( 1922 - 2009 )




Eric Tabarly
( 1931 - 1998 )






Jean Bart
1650 - 1702


par Albert LAOT

Portrait de Jean Bart

   Aujourd'hui, la Marine nationale a conservé l'hommage au grand corsaire en baptisant de son nom, pour la quinzième fois, l'un de ses navires. Sa ville natale, Dunkerque, persévère dans la vénération du plus célèbre de ses fils. Chaque année, à l'occasion de son prestigieux carnaval, le défilé pittoresque marque un temps d'arrêt sur la place éponyme où se dresse depuis 1845 la statue de Jean Bart due à David d'Angers, sabre au clair tendu dans la direction de l'Angleterre. Et la foule en goguette entonne la cantate qui lui est dédiée : "Jean Bart, salut ! Salut à ta mémoire, de tes exploits tu remplis l'Univers."  Plus de trois siècles et demi après sa naissance le 21 octobre 1650, la ferveur populaire ne faiblit pas. La vie mouvementée, comme les actes de bravoure de cet enfant du pays enorgueillissent toujours ses compatriotes.
   Jean Bart était issu d'un milieu de modestes marins. Son père et son grand-père étaient embarqués à la course, sans que cette activité, commune aux Dunkerquois de l'époque, ne leur apporte ni notoriété ni fortune. La distinction théorique est connue entre le corsaire et le pirate : armé à la course, le corsaire est un particulier qui combat le commerce naval d'un autre état avec une autorisation plus ou moins explicite de son gouvernement. Le pirate s'empare en mer, pour son propre compte, des personnes et des biens, se livrant à un acte de guerre sans l'autorisation d'une puissance reconnue. Dans le cas de Jean Bart, la distinction est parfois subtile, car certaines de ses premières actions frôlaient la piraterie dans la mesure où il s'appropriait sans vergogne certaines prises en évitant d'en rendre toujours compte aux autorités royales. La définition de son cas se complique encore dans la mesure où sa notoriété et l'écho de ses exploits lui valurent d'être intégré dans la Marine royale où certaines de ses actions s'apparentent encore à celles qu'il avait exercées jusque là. Ce nouveau statut lui procura néanmoins l'occasion d'accéder, au cours du temps, au grade de capitaine de vaisseau, puis, honneur suprême, d'être décoré de l'ordre de Saint-Louis, d'être anobli par le roi et d'achever sa vie en qualité de vice-amiral de France.
   Ce destin exceptionnel tient aux qualités extraordinaires qu'il développera au cours d'une carrière de marin marquée par les guerres incessantes que Louis XIV mènera au cours de son règne contre l'Europe coalisée et notamment contre l'Angleterre et les Pays-Bas dont la maîtrise de la mer constituait la menace la plus grave qui pesait sur le destin du Roi Soleil. Aux exploits authentiques, basés sur ses qualités de marin, son courage devant le danger, la finesse de la stratégie maritime qu'il sut déployer, se mêlent également, comme pour tout homme remarquable, les légendes qui renforcent les qualités singulières de ce grand marin. Il en est ainsi de l'anecdote relatant le geste de folle bravoure par lequel, lors d'un dîner à bord d'un navire ennemi, il échappe au commandant anglais qui veut le faire prisonnier en approchant le fourneau incandescent de sa pipe d'un baril de poudre, menaçant de tout faire sauter s'il n'est pas libéré immédiatement.
Statue de Jean Bart à Dunkerque
Sculpteur: David d'Angers 1845

  Tout naturellement, à douze ans, il embarque comme mousse, mais il devra attendre ses seize ans pour être confronté pour la première fois à la guerre et au bruit du canon qu'il sert et pointe sur la flotte anglaise, à bord du navire de l'amiral Ruyter. En effet, la flotte et le port de Dunkerque étant en pleine reconstruction, le jeune marin n'avait pas trouvé l'emploi qui lui était destiné et s'était engagé dans la flotte voisine des Provinces Unies. A Dunkerque à cette époque, les frontières étaient poreuses, la ville ayant été successivement espagnole, puis française à la naissance de Jean Bart, encore espagnole, puis anglaise, et venait tout juste d'être rachetée par le jeune Louis XIV en 1662. Jean Bart s'exprime habituellement en flamand et s'il arrivera progressivement à utiliser le français, il rédigera toujours ses rapports officiels en sa langue maternelle.

   Dès 1672, la France déclare la guerre à la Hollande. Jean Bart a choisi de rentrer au pays afin de prendre part au conflit en qualité de corsaire, profitant ainsi de l'expérience acquise sur les navires hollandais qui lui a permis de connaître particulièrement les pièges de la navigation près de leurs côtes, tout comme la configuration de leurs ports.

   Il abandonnera cette activité lucrative pour entrer dans la Marine royale, encouragé par les autorités intéressées par ses exploits. La renommée de ses canonnades intrépides qui fauchent les mâts et trouent les coques, de ses abordages audacieux où, à couple de navires immobilisés par les grappins on court sus à l'ennemi dans des corps à corps ensanglantés par la hache ou l'épée, a atteint la cour de Versailles.

   Toutes ses nombreuses biographies relatent précisément le niveau de ses exploits marqués par la ruse et la connaissance des bancs de sable pour sortir de sa base naturelle, le port de Dunkerque, à la barbe des navires ennemis qui l'encerclent. Une fois au large, ses qualités de manœuvrier pour débusquer les escadres adverses lui permettent les plus belles victoires. Le nombre de navires coulés ou confisqués à l'ennemi constitue un palmarès guerrier inégalé, soit seul en qualité de chef d'escadre, soit en binôme avec son grand rival Forbin, ou encore sous les ordres de l'amiral Tourville à la tête de l'ensemble de la flotte française. Mais parmi les exploits à l'encontre des marines rivales appréciées par Louis XIV qui l'invite à Versailles, le roi lui est particulièrement reconnaissant d'avoir réussi, à deux reprises, les missions visant à protéger, en les escortant, les convois de blé en provenance de la Baltique qui évitèrent que la famine se propage dans le royaume à la suite des intempéries et des récoltes catastrophiques. ( Voir note 1 )

Victoire de Jean Bart près de l'île de Texel, aux Pays-Bas, en 1694

Aquarelle d'André Lambert, extraite de  "Pages d'histoire navale" , par Michel Perchoc et Jean-Virgile Fuchs. Ed. du Gerfaut 2004.

   Alors que venait de débuter la longue guerre de Succession d'Espagne et qu'à l'âge de cinquante-deux ans le marin allait reprendre du service dans la Marine royale, il fut subitement atteint d'une pleurésie et mourut à Dunkerque le 27 avril 1702.

   Jean Bart demeure l'une des figures marquantes de la marine française, servie il est vrai par la pugnacité de Richelieu, sous Louis XIII, et de Colbert, sous Louis XIV. L'un avait tout conçu, l'autre tout réalisé dans le domaine militaire maritime. Ils surent convaincre leur monarque que la géographie du pays et le niveau d'équipement maritime de ses rivaux européens nécessitaient que la gloire de la France se bâtisse sur les mers.

Albert LAOT

-1-  En escortant, en 1689, en compagnie du navire de Forbin, une vingtaine de navires marchands, les deux capitaines sont faits prisonniers par les Anglais et conduits à Plymouth. Après avoir scié les barreaux de leur cellule, et en compagnie des deux mousses qu'on leur avait confiés, ils s'évadent à la barbe de l'ennemi et dérobent dans le port un petit canot à rames. Jean Bart saisit le plus grand des avirons, l'un des mousses le plus petit. Claude Forbin, blessé ne peut ramer mais se place à la barre. Se faisant passer pour de simples pêcheurs, ils se faufilent entre les navires anglais au mouillage et, à la seule force des bras, traversent la Manche en moins de 48 heures pour regagner Saint-Malo, alors que les Anglais les recherchent toujours à terre. Cette incroyable évasion restera dans les annales de la Marine.

EN SAVOIR PLUS

Connaissez-vous Jean Bart ?
Ed. Bloud & Gay 1960
Jean Bart
Ed. Le Seuil 1992
Visages de corsaires
Ed. Albin Michel 1996
Deux corsaires: Jean Bart, Surcouf
Ed. du Gerfaut 2001
Jean Bart: La légende du corsaire
Ed. Michel Lafon 2002

Les campagnes de mer du Roi Soleil
Ed. Les Presses du Midi 2007
Pages d'histoire navale
Ed. du Gerfaut 2004
Cet ouvrage fait l'objet d'une notice dans notre rubrique "Coups de cœur"

Les grands marins du règne de Louis XIV
Ed. Nabu Press 2010

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