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 2013











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Une histoire de vieux loup de mer
 


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Barbarus, un pirate de légende




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La Rose Sanglante



La Buse



Mutinerie !



Manon la pépite



Naufragés

Une histoire de vieux loup de mer
.©

Une nouvelle de Guillaume SIMON
classe de 1ère à Brest
2e prix, catégorie "Lycéens"


***

   

    C'était une nuit sombre et glaciale de décembre. Nous étions en l'an 1746. Je traînais comme à mon habitude dans une vieille taverne, dans le port de l'île de la Tortue dans les Caraïbes. J'entretenais ma solitude de vieux loup de mer avec, comme seul compagnon, une bonne vieille bouteille de rhum. Je commençais à somnoler sur ma table quand je vis entrer un jeune matelot. Le petit devait avoir quoi... 17 ans à peine. Je me disais qu'il venait sûrement de s'embarquer sur un navire il y a de ça quelques semaines, histoire de chercher l'aventure, voir du pays, devenir riche, avoir les femmes. Comme nous tous à son âge. Il venait dans ma direction et s'assit à ma table. Il me fixa et me dit :
«  Qu'est-ce qu'un vieil homme comme vous fait ici ?
- J'ai le droit de profiter de ma retraite non ? lui répondis-je.
- Bien sûr que si, mais c'est un endroit pour les marins, les vrais ! Pas les vieillards dans votre genre ! » me dit-il avec un air fier.

   J'étais déjà un marin confirmé alors qu'il n'était qu'une idée germant dans l'esprit de ses parents et il se permettait de me faire la leçon ! Je devais rectifier le tir. Et puis... Ça pouvait devenir marrant, ma soirée allait enfin devenir intéressante... J’approchai alors mon visage du sien. Mon haleine de rhum lui piquait les yeux, mes cicatrices l'effrayaient et mon cache-œil l'impressionnait. Je lui dis alors sur un ton à faire blanchir un macchabée :
« Tu crois vraiment que je suis ce genre de vieil homme ? C'est me sous-estimer...
- Ah euh... Désolé monsieur je... je ne savais pas... Il était paralysé par la peur, mon coup avait fonctionné.
- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te manger, lui répondis-je aussitôt tout en posant ma jambe de bois sur la table. Son regard fut attiré par cette dernière.
- C... comment vous vous êtes fait ça ?
- Ce n'est pas quelque chose que je raconte habituellement... Mais tu as de la chance, je suis d'humeur bavarde cette nuit ! Je veux bien te raconter cette vieille histoire mais à une seule condition...
- Laquelle ?
- Ma bouteille est vide et il va m'en falloir plusieurs pour tout te raconter !
- Et alors... Ah... J'ai compris ! »

 Il s'en alla me chercher de quoi boire. Finalement, ce n'était pas une si mauvaise nuit. J'allais m'amuser et en plus, on m'offrait à boire. Que demander de plus ? Bah... quelques années en moins ça ne serait pas de refus, mais que voulez-vous, il ne faut pas être trop gourmand ! Il revint rapidement et posa une bouteille de cognac, une de rhum et une de gin ainsi que deux grands verres.
« Hé bah mon p'tit ! Malgré ton jeune âge tu as bon goût en matière d'alcool !
- Mon éducation irlandaise sûrement...
- Ah les Irlandais... J'ai connu une Irlandaise une fois... Enfin bref, ça remonte à loin et ce n'est pas ce qui t'intéresse à l'heure actuelle.
- Non mais ça m'intéresse aussi,  hein...
- Ha, ha... non. T'es qu'un gamin, je ne vais pas te raconter ça quand même !

- Bah vous pouvez...
- J'ai dit non !
- D'accord, d'accord ! Bon, vous la commencez votre histoire ? »

     J'avalai une gorgée de cognac. Mon Dieu, je n'avais rien bu d'aussi bon depuis des mois. Je m'étirai un peu, pris une grappe de tabac que j'enfonçai dans ma pipe. Je fumai quelques bouffées et je commençai.

     Tout ça remonte à... Il y a trente ans je crois. Je n'étais qu'un jeune matelot, à peine plus âgé que toi, tu sais. Je m'étais engagé sur un navire marchand anglais et nous étions partis d'Angleterre depuis bientôt un mois environ... On venait juste d'arriver dans les Caraïbes... Juste une question, tu connais le célèbre pirate Nero au moins ?
- Bien sûr, quel marin ne le connaît pas ? La terreur des océans. Le pourfendeur de vaisseaux.
- Eh bien... Peu de temps après notre arrivée dans la mer des Caraïbes. Lors d'une après-midi ensoleillée, nous vîmes un bateau au loin. Au début nous ne savions pas si c'était un bateau allié ou ennemi. Mais lorsque que nous avons repéré son drapeau, une tête de mort avec des larmes de sang qui coulent des yeux, nous savions à qui nous aurions affaire. La bataille allait être rude, et moi, jeune mousse d'une vingtaine d'années, j'étais terrifié. Comme tous les autres marins à vrai dire. Même à travers les yeux de notre capitaine, nous sentions la peur. La tension était palpable, nous regardions l'autre bateau approcher, chacun était à son poste.

   Tout à coup, les canons des deux bateaux ont commencé à cracher le feu. Puis... l'assaut. Les hommes du capitaine Nero ont sauté sur notre pont et un combat acharné contre les pirates commença. J'étais jeune et non expérimenté au combat. C'était la première fois que je combattais en situation réelle. Je réussis à me défendre contre quelques pirates, enfonçant mon épée dans leurs corps, tranchant leurs bras. Je voyais mes camarades tomber les uns après les autres. Le capitaine Nero était impitoyable au combat, il ne commettait aucune erreur, les hommes n'avaient aucune chance face à lui. Au bout de quelques minutes, nous n'étions plus qu'une poignée. Puis un coup de sabre effleura mon œil, c'est ce qui m'a valu cette cicatrice et ce cache-œil. Puis je sentis un coup sur ma nuque, j'avais été assommé par derrière.

   Je me suis réveillé quelques heures plus tard, je ne reconnaissais pas les lieux, je devais sûrement être dans la cale de leur bateau. Je les entendais rire et chanter sur le pont. Je ne savais pas ce qu'ils allaient faire de moi et je ne voulais pas rester pour le savoir. La chance était avec moi, le nœud qui retenait mes mains prisonnières était mal fait. Après une heure à m'acharner dessus, je réussis à me défaire de mes liens. Mais, j’entendais des bruits de pas. Quelqu'un s'approchait. Ni une, ni deux, je me cachai dans un coin et quand il fut assez près, je l’assommai. Désormais il me fallait fuir. Ils étaient trop occupés à boire et à chanter qu'ils ne devraient pas me remarquer, pensai-je.

  Je pris le sabre du pirate que je venais d'assommer. Je montai sur le pont, je ne sais pas si Dieu existe mais si c'est le cas, il devait être avec moi ce jour-là. Je réussis à me faufiler près d'une barque de secours. Je commençais à défaire les nœuds d'amarrage quand je sentis quelqu'un derrière moi. Je me retournai et... c'était le capitaine Nero. Je crus mourir sur place. Il était plus grand que je ne l'avais imaginé, sa longue barbe était noire comme la nuit. Il me prit par le col et me jeta au milieu de ses hommes, lesquels se mirent à rire. Il leur ordonna ensuite de me tuer. Je ne pensais pas en réchapper, alors je pris mon courage à deux mains et je courus vers la barque, donnant des coups d'épée dans tous les sens afin de me frayer un chemin. Je crois que j'ai réussi à trancher quelques membres au milieu des cris et du sang...

   En tout cas, je parvenais à la barque quand quelqu'un tira un coup de feu dans ma jambe. La balle traversa mon genou et je basculai en avant, tombant dans la barque. Son mon poids, cette dernière tomba dans l'eau. Je pense que le capitaine Nero croyait que je n'allais pas survivre longtemps seul dans cette barque, avec une jambe en moins. Et je pensais comme lui, je perdais beaucoup de sang et la douleur était telle que je finis par m'évanouir.

   Je me suis réveillé quelques jours plus tard sur un vaisseau de la Royal Navy. Ils m'avaient trouvé en pleine mer quelques jours plus tôt, déshydraté et à moitié mort. Ma jambe était en très mauvais état, à tel point qu'ils avaient dû l'amputer. J'étais un miraculé: survivre à une attaque du capitaine Nero et réussir à m'échapper de cette façon, c'était impensable. Ils me prodiguèrent quelques derniers soins et je descendis à la première escale, emportant avec moi mon récit et quelques compagnons que je m'étais fait sur ce bateau.

  Je décidai de constituer mon propre équipage et de devenir corsaire pour la couronne d'Angleterre. C'est la fin de cette histoire, en tout cas la fin de l'histoire qui m'a valu ma jambe de bois et mon cache-oeil... Je pourrais te raconter beaucoup d'autres choses mais je ne suis pas sûr que ça t'intéresserait et puis, c'est du passé tout ça, maintenant je suis à la retraite ! Et toi tu viens d'où au fait ?
- Du Portugal, je me suis engagé il y a quelques mois sur un galion, nous rentrons demain. Nous avons voyagé à travers les îles des Caraïbes, maintenant, l'or coule à flot pour nous. Si vous saviez toutes les richesses que nous avons amassé...
- Tu es portugais hein... ? Intéressant. Bon je dois te laisser et merci pour l'alcool au fait ! »

   Je sortis rapidement de cette taverne, la soirée devenait très prometteuse, je fis quelques pas sur les quais, mes hommes m'attendaient. Je vissai mon chapeau sur la tête. Mon lieutenant était là, il me dit :
« Alors capitaine ? Vous avez notre prochaine cible ?
- En effet, j'ai rencontré un jeune matelot, pas très malin, je lui ai raconté l'histoire habituelle et il m'a dit que le galion sur lequel il est est rempli d'or. Nous partons tout de suite, on va les attendre à la sortie du port...
- Ha, ha, il ne sait même pas que c'est vous le capitaine Nero... Et que le marin de votre histoire vous l'avez retrouvé quelques mois plus tard et tué pour vous avoir échappé après lui avoir fait cracher son histoire et qu'ensuite vous avez retrouvé ce navire anglais et que vous l'avez brûlé en pleine mer ! Le pauvre... On va bien s'amuser !
- Ne t'en fais pas, de l'amusement il y en aura... »

Le jeune matelot ne savait pas qu'il venait de me rencontrer, moi, le célèbre capitaine Nero, et qu'il venait de signer son arrêt de mort et celui de son équipage tout entier...


Guillaume SIMON


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