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GRANDS  MARINS
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( 1673 - 1736 )


Jacques Cassard
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( 1681 - 1741 )


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( 1728 - 1779 )


Marion-Dufresne
( 1729 - 1772)


Suffren
( 1729 - 1788 )


Bougainville
( 1729 - 1811 )


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( 1731 - 1809 )


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( 1734 - 1797 )


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( 1737 - 1793 )


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( 1741 - 1788 )


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( 1856 - 1939 )


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( 1922 - 2009 )



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( 1931 - 1998 )






Marc MARION-DUFRESNE
1729 - 1772

par Yannick LOUKIANOFF


Timbre de Marion-Dufresne

   Marion-Dufresne. Un nom bien connu des navigateurs et des scientifiques puisque c'est celui d'un navire qui effectue la liaison entre l'île de la Réunion et les différentes Terres australes et antarctiques françaises. Certains pensent même sans doute que Marion Dufresne aurait été une femme alors que Marion est aussi un nom de famille 1. Et les connaissances de tout un chacun s'arrêtent souvent là, à cause d'un manque cruel de renseignements bibliographiques concernant ce marin.

  Marc-Joseph Marion-Dufresne ( ou du Fresne ) est né à Saint-Malo le 22 mai 1724, dans une de ces riches familles bourgeoises d'armateurs catholiques qui contribuaient alors à la prospérité commerciale de la ville. Il s'embarque à dix-sept ans et on le retrouve à vingt ans lieutenant à bord d'un  vaisseau corsaire nantais qui capture trois bateaux marchands anglais. Il obtient en 1745 le commandement de la Catin, autre navire corsaire, et fait deux belles captures vendues à St-Malo.  Son navire est à son tour pris par les Anglais. Marion-Dufresne s'est-il ensuite évadé ou bien a-t-il été libéré après rançon ? Toujours est-il que peu de temps après, il est de nouveau aux commandes d'un vaisseau corsaire, le Prince de Conty. Il capture sept navires et obtient le paiement de deux rançons. Les prises sont importantes et la réputation du jeune Marion commence à s'établir.
  C'est l'époque de la guerre de Succession d'Autriche pendant laquelle, pour affaiblir l'Angleterre, Louis XV, poursuivant la politique de Louis XIV, veut favoriser une restauration des Stuart sur le trône britannique. Le prince Charles Edouard est débarqué en Ecosse par des navires français, mais la tentative de restauration échoue à la bataille de Culloden. Il faut faire revenir le prince en France et c'est Marion-Dufresne, après bien des péripéties, qui réussit l'exploit de le ramener sain et sauf à Roscoff en 1746. Le marin reçoit en récompense son brevet de lieutenant de frégate de la Marine Royale.
Premier lieutenant sur l'Invincible, un vaisseau tout récent de 74 canons affrêté par la Compagnie des Indes pour escorter ses convois. il est pris par les Anglais au cours de la violente bataille du Cap Ortegal. Marion Dufresne doit rester quelques mois prisonnier à Plymouth.
       Après le traité d'Aix-la-Chapelle, il quitte la Royale, où, n'étant pas noble il n'avait plus aucune chance de promotion. Il va rejoindre alors la marine marchande.
  C'est au cours de ses nombreux voyages, en Amérique, en Afrique, à l'Ile de France ( aujourd'hui île Maurice ) et aux Indes qu'il devient l'ami du capitaine d'Après de Mannevillette, officier érudit et célèbre hydrographe. Auprès de lui, Marion fera ses premiers relevés et ses premières cartes marines.
  De retour en métropole en 1755, Marion-Dufresne se maria à Lorient. Aux Indes, malgré la paix, la rivalité commerciale entre les marines française et britannique engendrait des affrontements sanglants. La guerre de Sept ans débuta un mois après son mariage et l'ancien corsaire reçut alors le commandement de La Diligente, une frégate toute neuve de 32 canons. Au sein d'une flotte de guerre affrétée par la Compagnie des Indes, il participa activement pendant plus de deux ans à une vaine lutte contre les Anglais dans l'océan Indien et revint à Lorient en 1759. Puis, après un répit de courte durée, il reçut la charge de protéger les convois qui forçaient le blocus anglais entre l'estuaire de la Loire et le golfe du Morbihan. Il se trouvait, en septembre 1759, bloqué par les Anglais dans l'estuaire de la Vilaine lorsqu'eut lieu, au large, la mémorable bataille des Cardinaux qui réduisit à néant les projets du roi d'envahir l'Angleterre. Bien qu'il n'ait pu faire sortir ses bateaux de l'estuaire, il fut nommé chevalier de l'ordre de Saint-Louis, ce qui équivalait à un anoblissement à titre militaire.




  En 1761, deux ans avant le désastreux traité de Paris qui mettra fin à la guerre, Marion reçoit le commandement du Comte d'Argenson, un navire de 64 canons armé par la Compagnie des Indes afin de transporter une mission scientifique sur l'île Rodrigues, alors française, située dans l'océan Indien à 500 km au nord de l'île Maurice. Son second est Julien Crozet, l'un de ses fidèles amis. Mais les défaites françaises en Inde ôtent à la Compagnie une part importante de son commerce et l'île Maurice devient sa base principale. Marion-Dufresne y achète une vaste propriété. La paix revenue, il rentre en France en 1764, avec, dans ses bagages personnels et pour arrondir sa solde, une cargaison importante de thé, de gomme arabique, de cannelle et de rhubarbe. Après un autre voyage à l'île Maurice, il effectue en 1768-1769 une mission aux Seychelles grâce à l'obtention d'un prêt personnel pour trois ans d'une gabare de Loire nommée La Digue, navire du même type que l'Endeavour de Cook. Malade, il ne pourra pas quitter son bateau, mais dirigera quand même l'expédition. Des relevés de la position de toutes les îles constituant les Seychelles seront effectués. Des spécimens de la flore et de la faune seront rapportés en France, parmi lesquels plusieurs exemplaires d'une espèce de tortue géante aujourd'hui éteinte. L'origine du fameux coco de mer, qui était hors de prix en raison de sa rareté et de ses vertus supposées, fut découverte dans l'une des îles.
  De retour à l'île Maurice, Marion fut nommé inspecteur de la Compagnie des Indes. Il supervisa l'introduction de divers plants d'épices provenant des Moluques et se livra, sans aucun scrupule, à un trafic d'esclaves afin de fournir de la main d'œuvre aux plantations.
Mais il rêvait de rééditer son exploration des Seychelles afin de découvrir le continent austral que l'on imaginait à l'époque équilibrer les terres de l'hémisphère nord et que l'on pensait avoir été abordé par le navigateur normand Gonneville2 en 1504. Marion eut l'occasion de concrétiser ce désir lorsqu'arriva à l'île Maurice le Brisson, navire chargé de ramener à Tahiti le Polynésien Aotourou que Bougainville3 avait exhibé à Versailles.


Marion, secondé par Julien Crozet, obtint deux navires, le Mascarin et le Marquis de Castries afin d'accomplir le voyage et de rapporter des plants d'épices. Mais au cours d'une escale à l'île Bourbon, aujourd'hui la Réunion , Aotourou fut atteint par la variole et mourut lors de l'escale suivante à Madagascar.
Le 13 janvier 1772, faisant route sud-est à partir du Cap, l'expédition découvrait deux îles qui portent aujourd'hui le nom d'îles du Prince Edward, attribué par Cook. Cependant, le navigateur anglais a donné le nom d'île Marion à la plus méridionale. Une collision entre ses deux navires empêcha Marion-Dufresne d'achever l'exploration de ces îles.
Quelques jours plus tard, en suivant le 46e parallèle, les navigateurs découvrirent l'archipel des îles qui portent aujourd'hui le nom de Crozet et qui sont demeurées françaises. Julien Crozet avait en effet débarqué sur la plus grande de ces terres arides, peuplées d'oiseaux, de pingouins et de phoques, pour en prendre possession au nom du roi. Celle-ci porte aujourd'hui le nom d'île de la Possession.


   Le 3 mars 1772, les navigateurs atteignaient pour la première fois la côte sud-est de l'actuelle Tasmanie, appelée à l'époque Terre de Van Diemen, du nom du gouverneur général des Indes orientales néerlandaises qui avait envoyé l'explorateur hollandais Abel Tasman reconnaître les mers du sud au début du 17e siècle. Un premier contact avec des aborigènes tourna malheureusement à l'affrontement et les exlorateurs durent tuer quelques Tasmaniens afin de se dégager.
  Ils effectuèrent des relevés des côtes plus précis que ceux de Tasman et décrivèrent du mieux possible la flore et la faune rencontrées. Mais il n'y avait aucun botaniste ou zoologiste à bord. On sait par exemple qu'ils virent le fameux tigre de Tasmanie, le thylacine, dont l'espèce est éteinte depuis 1936.



  Déçu de ne pas pouvoir trouver en Tasmanie les arbres nécessaires au remplacement des mâts endommagés lors de l'accident, Marion mit le cap sur la Nouvelle-Zélande.

  Il toucha à la fin mars la côte occidentale de l'Ile du Nord. Doublant son cap septentrional, ses deux navires arrivèrent dans une baie découverte auparavant par Cook. Des Maoris, sur leurs pirogues, abordèrent pacifiquement les vaisseaux et furent même reçus à bord. Des reconnaissances furent alors effectuées à l'intérieur des terres grâce à l'aide de guides et les navigateurs trouvèrent enfin ce qu'ils cherchaient : deux arbres majestueux, l'un de 20 mètres, l'autre de 14 mètres de hauteur. A la fin mai, un camp fut établi à proximité et le chantier commença. Pendant toute cette période, la confrontation des deux cultures dans les actes de la vie quotidienne,
comme la pêche au filet dans une baie sacrée ou l'abattage de ces arbres tabous,
engendra de graves incompréhensions. Chaque transgression devant être compensée, des vols d'objets étaient effectués à bord par les indigènes. Le 9 juin, à la suite d'un vol de matériel qui s'était produit dans la nuit, une opération de représailles fut réalisée par les Français. Ils incendièrent un village et le chef fut fait prisonnier et emmené ligoté au camp. Cette situation, pour un chef maori, était le pire des déshonneurs. Il parvint cependant à s'évader.
  Le 12 juin, Marion s'embarqua avec une douzaine d'hommes, à l'invitation des Maoris, pour une partie de pêche dans une baie située hors de vue des bateaux. Ils ne se doutaient pas qu'il s'agissait d'un guet-apens. Ils furent tous massacrés et leurs corps furent cuits et dévorés.
  C'est donc ainsi que périt le navigateur. Sept années plus tard, James Cook allait subir un sort analogue à Hawaï.






-1-  Marc-Joseph Marion-Dufresne se faisait souvent appeler tout simplement Marc Marion. S'il ajoutait Dufresne, il ne mettait pas de trait d'union. C'est sans doute afin d'écarter une confusion possible avec le prénom que l'on écrit aujourd'hui Marion-Dufresne avec un tiret.
-2- Binot Paulmier de Gonneville était un commerçant d'Honfleur qui, en compagnie d'amis, affréta en 1503 un navire marchand dans le but de parvenir en Inde et d'en rapporter de quoi faire fortune. Après une escale au cap Vert et avoir franchi l'équateur, les navigateurs se perdirent et abordèrent cinq mois plus tard une terre inconnue à la population indigène simple et accueillante. Ils revinrent en France en 1505 avec à leur bord le fils du chef de la tribu, mais furent incapables de donner le lieu exact de la terre qu'ils avaient découverte. Lire notre notice sur Gonneville ( retour à cette page par l'onglet Marion-Dufresne en haut de votre écran ).
-3-  Concernant Aotourou, lire notre notice sur Bougainville.




EN SAVOIR PLUS

La bibliographie en français concernant Marion-Dufresne est extrêmement mince. L'abbé Rochon, astronome, a publié le récit de Julien Crozet sous le titre "Nouveau voyage à la mer du sud" ( Barrois, 1783 ) et il faut attendre l'année 2010 pour que paraisse aux Portes du Large l'ouvrage ci-dessous, fort bien documenté, écrit par l'Australien Edward Duyker d'abord en anglais sous le titre "An officer of the Blue, Marc Joseph Marion Dufresne, South Sea Explorer 1724-1772" ( Presses de l'Université de Melbourne ) et traduit en français par sa mère qui est Mauricienne.

Marion-Dufresne à la découverte des mers australes
Les Portes du Large 2010

Parmi d'autres explorateurs de la Royale; Marion-Dufresne et Crozet figurent dans l'album ci-dessous, fort bien illustré :


Marins Français Explorateurs

Editions du Gerfaut 2007

Cette page a été consultée 160 fois en mai 2013  


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