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NOUVELLES
 2013




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La Confiance



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La vengeance à tout prix



Une histoire de vieux loup de mer



Camarade



Pirat'Attak



Les voiles de la liberté



Barbarus, un pirate de légende



Coco-Rhum



La Rose Sanglante



La Buse



Mutinerie !



Manon la pépite



Naufragés


Naufragés
.©

Une nouvelle de Charlotte GAYRAL
élève de sixième à Paris
6e prix, catégorie "Collégiens 6e-5e"


***

       Une vague d’eau glacée me submergea. Engourdi par le froid, je tentais vainement de m’agripper aux planches encore flottantes au gré de la mer, mais le poids de mes vêtements m’alourdissait. La mer grise d’écume s’étendait tout autour de moi, menaçante, effrayante et dangereuse. Par miracle, j’aperçus non loin de moi un débris de mât et je me dirigeai à grand peine vers le bout de bois, nageant au rythme des vagues. La fatigue m’envahissait, et ce n’est qu’au prix d’un suprême effort que je parvins à m’accrocher au reste de la poutre en bois. Alors, tout devint flou autour de moi. Ma tête tourna et je tombai dans le noir de l’oubli.

          Une légère brise me réveilla. J’étais étendu sur une plage de galets. Un vieil homme me dévisageait, assis sur un rocher abrupt. Il semblait aussi vieux que la terre elle-même. Trapu, vêtu de guenilles, cet inconnu surprenant semblait vivre depuis longtemps sur l’îlot où j’avais eu la chance de m’échouer. Un foulard rouge sang, à demi-déchiré, lui couvrait la moitié de son visage. L’homme, borgne, possédait un sabre étincelant, où la lumière du soleil radieux se reflétait. Il boitait légèrement et une barbe grise cascadait sur ses larges épaules. Après quelques minutes, il essaya de me parler, de me raconter son histoire. Sa voix désincarnée lui allait parfaitement bien :

« Mon nom est Egat. Je suis un naufragé du Gouelan. Je vous raconte mon histoire, car vous me semblez sympathique et si vous parvenez à vous échapper de cette île, vous pourrez conter au monde entier mon aventure.                                                                                        
  Je m’appelle donc Egat Loudec, et j’allais avoir treize ans à l’époque. J’ai été enrôlé comme mousse sur un splendide navire, le Gouelan, qui partait pour les Indes, acheter des tissus et étoffes réputés. Nous appareillions en hâte, pour ne pas subir des adieux trop longs, et nous larguions les amarres. Le début du voyage se passa sans aucun incident. Mais lorsque nous avons dépassé le cap Pen-Ar-Bed, nous avons été surpris par une bande de pirates. Ces Ecumeurs des Mers nous poursuivirent deux jours, à bord de leur noir vaisseau, le kalvar, jusqu’à ce qu’ils nous rattrapent. Après un « A l’abordage ! » retentissant, les flibustiers attaquèrent. Ce fut épouvantable. La moitié des matelots ont nourri les poissons ce jour-là. Par miracle, j’échappai au drame en devenant prisonnier de ces gredins. Un soir, alors que les forbans dormaient tous, ivres de vin, je pus prendre un de leurs sabres et m’enfuir par barque. J’échouai finalement sur cette île d’où je ne suis pas parti depuis près de dix ans. »
  Subjugué par ce récit, je demeurai assis sur les pierres polies, à attendre, lorsque par miracle, quelques jours plus tard, un navire se pointa. Je pus alors rentrer joyeusement sur la côte. Je devins célèbre, mon témoignage sur Egat Loudec, qui était mort peu avant l’arrivée miraculeuse de la caravelle, répondait à bien des questions sur le naufrage du Gouelan. Tout allait très bien, mais je ne me souvenais plus de mon naufrage à moi et de mon passé. 

   Un jour, en fouillant négligemment dans mes affaires, ma main tomba sur un morceau de papier froissé. En le reconnaissant, je défaillis.


  "3 heures 50. La nuit noire. Le pont avait l’air désert. Soudain, un bruit curieux retentit. En hésitant, je sortis à pas feutrés de la sentine de la cale. Je sortis de ma ceinture un petit coutelas en argent, dont je m’étais servi pour m’échapper de ma prison. Tout semblait calme. Le timonier dormait par terre, près du gouvernail, une bouteille vide de Grog à la main. Aucune lumière de bougie ne ressortait de derrière les rideaux de velours rouge de la dunette. Seule la figure de proue restait éveillée, se dressant au-dessus des flots. Tout à coup, un cri venant du nid-de-pie se propagea :

« Branle-bas de combat ! »

La lumière d’une chandelle s’alluma dans la cabine du capitaine Kidd, qui dirigeait le superbe vaisseau Ker Paravel. On hissa le Jolly Roger et le drapeau rouge. Des ordres furent lancés : « Virez de bord ! Hissez ho ! Il faut qu’on les rattrape, pas de quartier !»... 

   Parmi la foule de flibustiers, en jeune évadé, je profitai de la situation : je me glissai dans la cabine de Kidd. Frénétiquement, je fouillais tous les tiroirs du bureau en bois de chêne, installé dans le coin de la cabine du capitaine : je cherchais quelque chose. Un des tiroirs, fermé à clé, semblait plus lourd que les autres. Je pris mon coutelas et forçai la serrure en or massif du tiroir mystérieux. Quelques crissements après, la serrure dorée sauta pour aller se poser sur le lit du capitaine et le contenu du tiroir se déroula par terre. Un morceau de parchemin, usé par le temps traînait parmi les vieilleries. Je me saisis prestement du papier et j’allais sortir de la cabine, lorsque je me rendis compte que de l’eau m’arrivait aux genoux. Ancien prisonnier je sortis en hâte de la cabine, pour constater avec effarement que je me trouvais seul sur le Ker Paravel. Une splendide galère disparaissait au loin, emportant sur son passage tous les pirates du navire, présents un instant avant. Le capitaine Kidd avait triomphé sur la galère espagnole et, ne pouvant transporter toutes ses richesses à son navire, il avait décidé de saborder celui-ci, et de repartir sur la galère conquise. Je me retrouvais seul sur le bateau.
   Je repris peu à peu mes esprits. Ce retour en arrière avait ranimé ma mémoire. Tenant à la main le morceau de parchemin, je l’étalai sur mon bureau et l’examinai consciencieusement. Des lignes entrecroisées, des signes bizarres, une croix : une carte. Une carte au trésor. La carte de William Kidd. Ce capitaine, pendu à présent dans sa cage de gibet, ne sera pas mort pour rien, sa carte n’a pas sombré avec son navire.

L’aventure ne fait que commencer...



Charlotte GAYRAL


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