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La vie d'un ancien port fluvio-maritime:
Pont-L'Abbé



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La vie d'un ancien port fluvio-maritime:
PONT-L'ABBÉ ©

Un document historique de Georges TANNEAU 


Voiliers à quai

    Un acte du pape Clément VII, daté de 1385, à Avignon, confirme l’ancienneté du port de mer de Pont-L’Abbé qui devait recevoir les voyageurs qui se rendaient en pèlerinage à l’église tréviale1 de saint Menou (devenue par la suite la chapelle de Notre-Dame de la Tréminou) et qui était dite « sita juxta portum maris de Ponte-abbatis», c’est-à-dire « proche du port de mer du pont de l’abbé ». (environ 2 km)2.
    Les pèlerins étaient accueillis, hébergés, conseillés et soignés à l’hospice des Saints-Jean (Jean-Baptiste et l’apôtre Jean) qui avait été fondé en 1350 par Hervé III, puissant baron du Pont. Ce bâtiment qui faisait corps avec une aumônerie, avait été construit sur pilotis au bord de la ria, sur la rive droite, en aval du pont. Des religieux y recevaient et soignaient de nombreux vieillards et infirmes épuisés par le long trajet qui les avait conduits jusqu’à cette escale.
    Attirés par les indulgences plénières et la promesse du paradis, attachés à la bénédiction papale, les pèlerins devinrent chaque année de plus en plus nombreux. Un premier quai de fortune, s’appuyant sur les arches du pont, fut donc construit quelques années plus tard sous l’impulsion d’Hervé IV.
    Ce premier quai demeura plus ou moins en l’état jusqu’à 1729, date à laquelle, il fut réparé et agrandi à l’aide des pierres provenant d’une ancienne chapelle proche du rivage. Les bateaux s’échouaient à marée basse à quelque distance de la rive droite de la ria et étaient chargés ou déchargés à l’aide de passerelles appelées « ponts de planches ».
    A ses débuts le port de Pont-L’Abbé exportait surtout des grains et du poisson salé ou séché et recevait du vin, du sel et des épices en provenance de toute la France ainsi que de quelques pays d’Europe: Espagne, Portugal et Pays-Bas.
    Il faudra attendre 1812 pour que de nouveaux travaux portent la longueur totale du quai à 145 mètres. Ce nouvel ouvrage sera ensuite prolongé par une cale d’accès appelée par la suite "cale Saint-Laurent". En 1828, un négociant en grains fera construire un autre quai isolé, le quai Férec, pour son propre commerce. De 1834 à 1836 et de 1848 à 1851 tous les quais existants seront finalement rénovés, prolongés et raccordés les uns aux autres. Le lest apporté par les voiliers permettra de combler, petit à petit, tous les creux qui s’étaient formés entre les nouveaux quais et l’ancienne rive. Enfin un autre lieu d’accostage, appelé "quai de Pors-Moro"3 sera construit de 1874 à 1875 sur la rive gauche, pour servir de quai d’attente ou de réparations.
    Si l’on excepte la période des guerres de la Révolution et du Premier Empire qui désorganisa le trafic maritime et fut de ce fait très préjudiciable à l’économie du pays, les XVIIIème et XIXème siècles furent, dans l’ensemble, une ère de prospérité et de vitalité intense pour le port de Pont-L’Abbé. Il n’était pas rare de voir, certaines années, plus de 200 navires, les flancs lourdement chargés, venir accoster les quais du vieux havre bigouden. Ce devait être un spectacle d’un pittoresque extraordinaire, par l’animation incessante qui régnait sur les bords de l’estuaire et l’incroyable variété des navires, leurs formes et leurs voilures diverses, depuis les fines goélettes aux galiotes larges et trapues.

Le quai St-Laurent

   Voici l’énumération des différents bâtiments qui firent escale à Pont-L’Abbé au XIXème siècle : en plus des goélettes et des galiotes, déjà citées, on pouvait y voir des bisquines4, des lougres, des sloops, des chasse-marée5, des bricks6, des gabares7, des cotres, des dogres8, des chaloupes, des dundees et des flambarts9. Des navires de 100 à 200 tonneaux venaient y charger des grains, surtout de l’orge, et des salaisons, après avoir apporté des vins, des fers, de l’épicerie, du sel, du charbon de terre et autres marchandises.
    En 1829, le nombre des bâtiments ayant fait des opérations commerciales à Pont-L’Abbé s’élevait à 326 unités, pour une jauge totale de 6129 tonneaux (…) Du 1er janvier 1865 au 30 juin 1867, 360 navires étaient entrés dans le port avec 7964 tonnes de marchandises diverses pour la consommation locale et les usines ; durant cette même période de 30 mois, 598 navires avaient chargé 33363 tonnes de céréales, pommes de terre, produits chimiques, farine, fécule de pomme de terre, etc... à destination de l’Angleterre et des principaux ports de France.
    Parmi les importations nous pouvons encore relever de 1869 à 1891, du cidre de Pont-Aven et de Moëlan, du sel du Croisic, du charbon d’Angleterre, des pierres à paver de Daoulas, des bois du Nord, des ardoises de Port-Launay, de la résine de Bayonne, de la soude de varech de Portsall et des Glénan. Certains navires venaient sur lest prendre des grains ou des pommes de terre ; d’autres apportaient du blé pour la minoterie et s’en retournaient chargés de sacs de farine.
    Le 11 février 1873 fut un jour mémorable pour la population locale. Nombreux étaient ceux qui avaient depuis leur enfance assisté aux arrivées et départs des voiliers de divers gabarits. Aussi, ce jour-là, leur curiosité et leur émotion furent-elles inexprimables. Un nombre considérable d’hommes, de femmes et d’enfants se pressaient au bord des quais, les yeux tournés vers le chenal : bientôt, vomissant un flot de fumée noire, haletant et grinçant de toutes ses membrures, le premier bateau à vapeur entrait à Pont-L’Abbé, sous les regards étonnés de la foule. Seul un effort d’imagination rétrospective peut nous faire saisir toute l’importance de cet événement qui rompait aussi brutalement avec une tradition séculaire. IL s’agissait du vapeur Mathilde, de Dunkerque, monté par onze hommes d’équipage et qui venait charger pour Le Havre 95 tonnes de sel de soude en provenance d’une usine locale. Les bâtiments de commerce se mouvant mécaniquement n’étaient pas encore très nombreux et il faudra attendre 1881 pour voir un second vapeur accoster les quais de Pont-L’Abbé.
    A partir de 1885, des navires venus des ports du Nord apportèrent de la glace à Pont-L’Abbé, réutilisée pour des chargements et des expéditions de poissons frais vers Nantes et Le Havre. Il y eut aussi des envois de sardines en conserve et de divers poissons salés, de coquillages et de crustacés, mais les principales exportations par voie de mer furent celles des pommes de terre et de leurs fécules. De nombreux navires venant d’Angleterre avec de la houille, s’en retournaient à Cardiff, Newport et Swansea avec des cargaisons de différentes variétés de pommes de terre et des troncs de pins sylvestres très appréciés comme supports pour les galeries minières.
    Le déclin du port de commerce, cœur et poumon de la capitale du Pays Bigouden, ne s’amorça qu’à partir de 1905. Il s’accentua ensuite de 1930 à 1940 et les années sombres de l’occupation signèrent son arrêt de mort.
De nos jours, malgré la présence de deux chantiers navals uniquement tournés vers la construction et la réparation de petits navires, le port et la ria de Pont-L’abbé ne sont plus guère fréquentés que par de simples annexes et des bateaux de plaisance. 

Georges TANNEAU

   

°1937 - +2013     

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NOTES:

-1- En Bretagne, avant la Révolution, la trève était la subdivision d'une paroisse. Son église était dite "tréviale".
-2- Pont-L'Abbé doit son nom au premier pont édifié au XIème siècle sur la ria dite Teir par les religieux de l'abbatiale de Saint-Tudy ( aujourd'hui Loctudy ).
-3- Pors-Moro est une altération de l'ancien nom breton Porzh Moran cour ou port de Saint-Moran.
-4- Bâtiments à voile de la région de Granville et de Saint-Malo.
-5- Voiliers à 2 ou 3 mâts servant au cabotage.
-6- Voiliers à 2 mâts gréés de voiles carrées.
-7- Voiliers très larges à fond plat.
-8- Petits voiliers à 3 mâts de la Manche et de la mer du Nord.
-9- Navires à 2 mâts et voiles au tiers, les flambarts sont aussi appelés culs carrés.

Cet article a été rédigé d’après le livre « Pont-L’Abbé et son port », écrit par Yves Tanneau et publié par l’Imprimerie du Télégramme en 1959 et par les différents articles écrits par Georges Tanneau dans le bulletin municipal de Pont-L’Abbé « Traits d’Union » de 1995 ainsi que dans l’ouvrage « Le patrimoine des communes du Finistère, Tome II » publié par les éditions Flohic en 1998.



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