Retour à l'accueil Un plan pour aller directemnt sur une page Le salon de cette année Les auteurs invités cette année Nos précédents salons Les auteurs et les livres de tous nos salons
Un coup de cœur pour un livre De courts récits maritimes Des poésies pour faire voguer nos rêves Des contes maritimes pour tous les âges L'histoire maritime du Conquet Notre concours de nouvelles et les textes sélectionnés
Les Grands Marins du monde La Dictée Océane Un jeu pour tester ses connaissances maritimes Tout savoir sur notre association Les entreprises qui nous aident Nous écrire ou nous parler
Des pages qui font aimer et respecter la mer.








NOUVELLES
 2013











L'abbé du diable




La Confiance



J'veux pas vous parler



La vengeance à tout prix



Une histoire de vieux loup de mer

 


Camarade



Pirat' Attak



Les voiles de la liberté



Barbarus, un pirate de légende



Coco-Rhum




La Rose Sanglante



La Buse



Mutinerie !



Manon la pépite



Naufragés

Les voiles de la liberté
.©

Une nouvelle de Juliette BAUDET
classe de 4e à Oyonnax
2e prix, catégorie "Collégiens 4e - 3e"


***

 

« Posez le coffre ici ! »

Les deux hommes obéirent et le laissèrent tomber sur le sable fin. Je l'ouvris délicatement. Sous le soleil des pièces scintillaient, ainsi que des diamants, des bijoux. Le regard de mes matelots brillait à la vue de ce trésor. Dans la matinée, nous avions abordé un bateau de marchandises. Ses matelots n'avaient pas fait trop de résistance et il n'y avait pas eu d'effusion de sang. Nous avions fouillé le navire et y avions trouvé deux autres coffres semblables à celui que nous venions d'ouvrir. Nous aurions de quoi nous vêtir, nous parer de bijoux… Je commençai alors le partage du butin. Un sentiment de remord m'envahit.  Je sais que voler est mal, mais grâce à cela, je défends une bonne cause au fond. Nous ne nous contentons pas uniquement de piller, nous nous attaquons également à des bateaux de négriers  car notre but principal est de libérer les esclaves.  Oui, je l'ai choisie cette vie et pour rien au monde je n'en changerais. La nuit tombait lorsque nous terminâmes de nous répartir le trésor. Nous allumâmes des feux. Tout comme mes hommes j’étais songeuse et nous finîmes par nous endormir. Cette nuit, je refis ce cauchemar qui me hantait si souvent.

 

            Je sursaute. Par la fenêtre, je vois des flammes. Je me lève d'un bond. Mahiri se met à sangloter dans un coin de la case. Je me penche pour le prendre dans mes bras. Je le sens blotti tout contre moi. Son cœur bat si fort. Je me précipite dehors et là, un spectacle de désolation s’offre à moi : le village s’embrase dans des flammes qui viennent lécher les cimes des acacias. L'air est chaud et irrespirable : de la fumée noire s'élève dans le ciel étoilé. Mahiri pleure de plus belle. Je lui murmure que tout se passera bien mais rien n'y fait, il reste inconsolable. Soudain, surgit de derrière une case, un guerrier à la peau noire comme la nuit. Ses yeux brillent à la lueur des flammes et reflètent la colère. Mon fils s'agite dans mes bras comme s'il sentait la présence de l'inconnu. L'homme pointe sa lance dans ma direction. Je recule d'un pas. Puis d'un autre. Il s'approche dangereusement. Deux autres apparaissent. Ils me saisissent le bras, m'arrachent mon enfant qu’ils emmènent loin de moi. Je crie, je me débats. Des larmes coulent de mes yeux et ma vue se brouille. Je m'évanouis.

 

            Au matin, il nous fallut remonter à bord pour reprendre la mer.

« Les dés seront pour plus tard, il faut laver le pont, réparer les cordes et les voiles ! Nous n’avons pas le temps de nous amuser ! » ordonnai-je aux matelots cachés derrière le mât de la grand-voile.

Leur visage basané affichait leur surprise. Ils se levèrent et partirent en courant chercher de quoi réparer les cordages. Je les suivis des yeux. Ils se joignirent à d'autres matelots qui s'activaient sur le pont. Un sentiment de fierté m'envahit : tous ces pirates se trouvant à mon bord étaient désormais sous mes ordres et j'étais leur capitaine. Un cri retentit, me tirant de mes pensées.

« Cap'taine ! Bateau à tribord ! »

Je revins tout de suite à la réalité et me précipitai pour chercher la longue-vue dans ma cabine. Je remontai en courant les quelques marches qui menaient au pont et me précipitai vers le bastingage. Je regardai à travers la lunette et au loin, sur la mer calme, j'aperçus un bateau de traite d'esclaves. De vieux souvenirs me revinrent alors en mémoire.

 

            « Tu mérites vingt coups de fouet ! Je vais t'apprendre à te taire ! Petite insolente ! Négresse !»

Je sentis alors une main agripper mes cheveux. Je poussai un cri de douleur, j'avais l'impression que l'on arrachait mes boucles noires. On me traîna dans la cale, le regard des autres esclaves exprimait la peur. Pourquoi étais-je toujours la seule à me révolter ? Comment pouvaient-ils se laisser traiter ainsi par ces brutes ? Nos nobles guerriers capables de tuer à mains nues une bête sauvage baissaient soudain la tête face à ces canons.

            « Attachez-la ici ! »

            On me lia les poignets avec une corde tellement serrée que je sentis une brûlure vive. On me poussa. Je tombai. Soudain, le claquement du fouet fut couvert par un bruit assourdissant. Le bois de la coque craqua. Les négriers nettoyant le pont poussèrent un cri de surprise. Que se passait-il ? La première chose que je vis, fut un drapeau noir fixé à un grand mât qui avait l'air d'inquiéter les hommes blancs. Ils criaient :

            « Des pirates ! »

            Les négriers couraient dans tous les sens. Ils chargeaient des armes à feu. Certains descendaient à la cale. Personne n'avait l'air de se soucier de moi, j'étais encore attachée, abandonnée sur le pont.  J'essayai de me lever. Je tombai à nouveau au sol, déséquilibrée par le tangage du bateau. Je devais libérer mes mains. Une fine lame traînait sur le pont, je m'en approchai sans que personne ne me vit. Tant bien que mal je réussis à me défaire de mes liens. Je me relevai alors, attrapai la dague. Je repérai rapidement nos assaillants : les pirates, comme les avaient appelés les hommes blancs, étaient vêtus de vieux vêtements sales et déchirés par endroits et portaient toutes sortes de bijoux.

Je regardai autour de moi. Le pont grouillait d'hommes  se battant. Je décidai rapidement de libérer les autres esclaves et me rendis discrètement en direction de la cale. Dans cette dernière, c'était la panique. Tous étaient affolés. On entendait, au-dessus de nos têtes, des cris et les bruits du combat. Je choisis de délivrer avant tout les hommes et je les exhortai à trouver de quoi se défendre et à libérer les femmes. Nous sortîmes et nous nous faufilâmes furtivement en direction du bastingage. Des balles sifflaient à nos oreilles mais personne ne nous remarqua. De longues cordes reliaient les deux navires. Nous nous agrippâmes à elles et nous grimpâmes sur le bateau des pirates. Rapidement, je pris le commandement. Nous décrochâmes les cordes et hissâmes les grandes voiles. Je désignai quelques  hommes pour immobiliser les quelques pirates restés à bord. Nous les laisserions plus tard sur une île isolée. Trop occupés par le combat, les négriers et les pirates ne nous repérèrent pas. Lentement notre bateau s'éloigna. J'envoyais des hommes le visiter. Ils trouvèrent à la cale des cochons, des volailles, des fruits, du vin et bien d’autres provisions et sous le pont de nombreux hamacs. Mes camarades m’accordèrent leur entière confiance. Et c'est ainsi que je devins leur capitaine.

 

            « Cap'taine ! Que fait-on ?! »

Ce cri me ramena à la réalité. Tous mes matelots me regardaient. Dans leurs yeux,  je vis leur impatience et leur inquiétude. Je clamai haut et fort ce discours d'encouragement :

« Mes frères ! Voyez nos compatriotes soumis dans ce navire. Rappelez-vous en ! Nous avons affronté par le passé des combats, des tempêtes. Mais surtout, nous nous sommes affranchis des négriers. Vous n'êtes plus des esclaves aujourd'hui ! Vous êtes des hommes libres et seuls maîtres de vos vies. Souvenez-vous que vous avez enduré ce que nos frères subissent en ce moment ! Allons aider nos camarades ! »

Des cris retentirent et nous virâmes aussitôt de bord. Sur ce navire,  je savais aussi au fond de moi que je retrouverais un être cher perdu.

Juliette BAUDET


Retour à l'accueil Plan du site Notre salon de cette année Les auteurs invités cette année Nos salons précédents Les auteurs et les livres de tous nos salons
Un coup de cœur pour un livre De courts récits maritimes Des poèmes pour faire voguer nos rêves Des contes pour tous les âges L'histoire maritime du Conquet Les meilleures nouvelles sélectionnées
Le Club d'Orthographe La Dictée Océane Un jeu pour tester ses connaissances maritimes Tout savoir sur notre association Les entreprises qui nous aident Nous écrire ou nous parler